En vélo sur la route de la mort

Lydiane St-Onge voyage en Amérique du Sud depuis plus de six mois maintenant. Équipée de son fidèle sac à dos, elle s’aventure d’un endroit à un autre en saisissant toutes les opportunités que la vie lui présente. Trek dans la jungle, alpinisme, planche à neige, baignade dans un lac à 3 812 m d’altitude, danse lors d’un festival bolivien, peu importe le défi, elle le relève avec enthousiasme.

1422634_844631085626870_8260495572347472263_nCertaines aventures de notre ambassadrice sont le fruit de rencontres inattendues. D’autres, par contre, proviennent d’idées qui lui trottaient dans la tête depuis plus longtemps encore que celle de son grand périple autour du globe, qui a commencé le 19 janvier dernier. Parmi ses projets, il y a sa toute récente sortie en vélo de montagne sur l’une des routes les plus dangereuses au monde, la route de la Mort.  Comme son nom l’évoque, cette route de la Bolivie donnerait des frissons dans le dos de n’importe qui. Surtout que sa réputation n’est plus à faire ! Mais pas à Lydiane. Dès que l’ambassadrice en a eu la chance, elle s’est lancée à la conquête de ce trajet infernal. Voici ses commentaires sur l’expérience.

Le goût de l’adrénaline!

Lydiane est une jeune femme très sportive. Comme si ce n’était pas suffisant, en plus d’avoir la bougeotte, elle a en outre un penchant pour tout ce qui peut lui procurer une bonne dose d’adrénaline. Or, pour étancher un peu sa grande soif de défi, qu’elle veut toujours plus extrême que le précédent, cette sortie de vélo de montagne semblait toute désignée.

« Dès que j’ai su que j’allais aller en Bolivie, j’ai également su que j’allais rouler cette route. C’est l’attraction touristique la plus populaire du pays, le truc à ne pas manquer. Entre 70 % et 80 % des touristes vont s’y promener sur cette route », dit-elle. « Ce chemin possède un côté mystique, qui m’attirait. Oui, c’est très touristique et dangereux. Mais je ne pouvais pas passer à côté de l’expérience », ajoute la voyageuse.

Avant la diversification des tracés, la route de la Mort était empruntée par tous les habitants de la région et tous les touristes. Chaque année, il y avait entre 200 et 300 accidents mortels. Aussi appelée la route des Yungas, nom de la région bolivienne où elle se situe, ce tronçon relie La Paz et Coroico. Il s’étend sur 69 km et présente un dénivelé de 3 400 m d’altitude. Donc, la température varie tout au long de la descente.

« Quand on est parti, il neigeait », mentionne Lydiane, satisfaite d’avoir emprunté la route lors d’une journée où les conditions étaient particulièrement difficiles. « La neige, la pluie et le brouillard ont donné une saveur tout à fait authentique à mon expérience. Je prenais pleinement conscience que j’étais sur la route de la Mort », relève la jeune femme. En souvenir de ceux et celles qui y ont perdu la vie, des croix ont été placées le long du chemin. « Il y a tellement de croix que le rappel du danger est omniprésent », explique la voyageuse.

Encadrée sur la route

Bien entendu, Lydiane ne s’est pas aventurée seule sur la route de la Mort. Après une recherche minutieuse, avec des critères de sélection très élevés en matière de sécurité, elle a choisi l’agence Gravity Bolivia pour encadrer son expérience.

Depuis plus de 10 ans, l’équipe de Gravity travaille à faire mousser la pratique du vélo de montagne en Bolivie, notamment sur la route de la Mort. Pour cet itinéraire dangereux, deux guides accompagnent le groupe ainsi qu’une caravane, au cas où un participant ou une participante se blesserait ou aurait besoin d’assistance (ex. problème mécanique, désir d’abandon). De plus, on outille la clientèle avec des vélos en parfaite condition munis de freins à disques et d’une double suspension pour assurer confort et performance. En plus de contribuer à la sécurité de l’aventure, les guides de Gravity savent créer une belle dynamique au sein des participants. « L’ambiance et la relation entre tous les cyclistes étaient tout simplement géniales », confirme Lydiane.

Avoir survécu à la route de la Mort

Le trajet débute par une grande route asphaltée, tout à fait ordinaire, située à 4 600 m d’altitude. « On s’est fait proposer de la gravir à vélo. Une grande montée. Plusieurs ont préféré le faire en voiture, mais je m’y suis essayée », raconte Lydiane. Après 45 minutes d’effort, cette dernière parvient au sommet de la côte et fait face à l’entrée sur la vraie route de la Mort. La différence entre ce qui s’étend devant elle et le chemin qu’elle vient de parcourir est impressionnante. « La route n’est pas du tout entretenue. C’est du sable, du gravier glissant, des trous et de la boue. C’est bien moins large qu’une route ordinaire », explique la globetrotteuse. Pour ajouter aux nombreuses difficultés de ce parcours, la route large d’à peine quatre mètres s’étrécit parfois à seulement deux mètres.

La majorité des gens qui empruntent la route sont désormais des cyclistes avides de vivre l’expérience touristique. Toutefois, certains Boliviens s’y engagent encore avec leur véhicule, et ce, malgré la création de nouveaux chemins plus sécuritaires. La prudence et la communication entre les participants sont de mise, car le risque de faire un face-à-face avec une voiture ou un camion est bien réel.  Il ne faut pas non plus compter sur les garde-fous pour empêcher une sortie de route ; il n’y en a aucun. Malgré les risques potentiels, Lydiane, qui se remémore ses premiers coups de pédales sur cette route criblée de dangers, affirme : « C’est là que le fun commence ! »

« On ressent tout de même un peu le stress quand on voit que le vélo glisse un peu sur le gravier, aux abords de fossés d’une profondeur inouïe. Mais en restant en contrôle, on profite de chaque instant », explique Lydiane. L’ambassadrice n’en est pas à sa première expérience de vélo de montagne, elle connaît les risques que comporte la descente. Elle pousse sa machine sans toutefois se mettre en danger. Sur la route de la Mort, une petite erreur peut tourner à la catastrophe. « Ce n’est pas le temps de faire des folies. Pour faire du vélo de montagne comme un cascadeur, Gravity propose de découvrir plusieurs véritables sentiers dans les merveilleuses montagnes boliviennes », précise la Québécoise.

S’ajoute à l’aventure la pluie. Elle donne aux paysages un côté mystérieux, ce qui transforme le trajet. Des cascades se gorgent d’eau, d’autres se forment et s’imposent. Il faut les traverser. Pour Lydiane, c’est un plaisir supplémentaire. Vêtue de son fidèle manteau en Gore-TexR et de ses sous-vêtements Icebreaker en laine mérinos, elle peut se moquer de la pluie et profiter de son aventure à 110 %. Elle traverse les rivières, passe sous les chutes d’eau et, quand le groupe s’arrête, prend le temps d’admirer la vue. « C’est un peu pour ça aussi qu’il faut faire la route de la Mort : les paysages sont fabuleux », affirme-t-elle.

Au final, Lydiane retient surtout de son aventure la camaraderie entre les participants, la traversée des cascades et des rivières, les paysages et la montée par laquelle débute l’aventure, tous des éléments positifs. « Il n’y a eu aucune chute, aucun incident, que du plaisir », insiste la jeune femme. À la toute fin du parcours, chacun des participants était fier de scander le slogan de la journée : « J’ai survécu à la route de la Mort ! »

La randonnée avait commencé tôt le matin, vers les neuf heures, pour se terminer aux alentours des 17 heures. « Ce n’est pas toujours aussi long. Puisque nous filmions l’aventure pour Évasion, nous avons excédé la durée normale de l’activité » explique Lydiane. D’ailleurs, pour ceux et celles qui aimeraient en savoir encore plus sur son expérience, la route de la Mort sera au menu de l’émission Lydiane autour du monde, présentée sur Évasion le 2 septembre (début de la série le 26 août 2015).

En vélo sur la route de la mort
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Cette fille au parcours atypique, connaissait un grand succès à titre de courtier immobilier lorsqu’elle a décidé de bouleverser complètement les choses à l’automne 2013, abandonnant sa carrière, vendant sa maison et liquidant ses biens pour s’envoler vers l’Asie avec un billet aller seulement. Ayant démarré sa page Facebook pour permettre à famille et amis de la suivre à distance, elle a rapidement constaté que plusieurs étaient nourris de la même attirance pour cette vie de découverte. Équipée du seul contenu de son sac à dos, elle a parcouru ce coin du monde et partagé son expérience avec plus de 40,000 personnes.
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