La Hollande en cyclotourisme

Par Maxime Durand,
ambassadeur La Cordée

Un voyage d’affaires à Amsterdam, à la fin du mois de mai dernier, a fait germer un projet de cyclotourisme dans nos têtes. Cinq jours pour sillonner, en amoureux, cette province des Pays-Bas, reconnue pour son importante culture cycliste, ses tulipes et ses mille autres choses.

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IMG_7533Nous voulions faire une boucle à partir d’Amsterdam. Nous avons opté pour un voyage où le plaisir de découvrir du pays prendra le dessus sur la vitesse et les performances. Puis, pour décrocher au maximum, nous avons décidé de traîner tout le nécessaire pour camper.  Chargés comme des mulets, nous allions devoir accepter un rythme lent : un rythme de cyclotouristes.

Notre vol à partir de Montréal vers Amsterdam en était un direct. Une fois arrivés à destination, nous avons pris une navette qui nous a menés au cœur de la ville.  Comme nous avions décidé d’apporter nos vélos, il nous fallait d’abord les remonter. Ça nous a pris environ une demi-heure, sous une légère et fine pluie.  Ensuite, nous avons laissé nos sacs de transport en sûreté à l’hôtel; celui-là même qui nous logerait à notre retour.

 

Conseils :

  1. En avion, pour traîner facilement le contenu des sacoches de vélo, il suffit de les placer directement dans un sac de transport de type dufflebag. Solides, résistants à l’usure et aux intempéries, ces sacs se manipulent facilement et réduisent les risques de mauvaises surprises à l’arrivée.
  1. Aussi, les sacs de transport pour les vélos sont plus chers qu’une boîte de carton fournie par un atelier de vélo, mais leurs roulettes intégrées les rendent vraiment faciles à manipuler. Pour moi, ils sont indispensables pour les déplacements en avion. Surtout que je considère qu’un vélo qui arrive en un seul morceau rend le reste du voyage beaucoup plus agréable…

IMG_7617Nos montures prêtent à rouler, nous nous sommes élancés sans tarder. Cinquante kilomètres nous séparaient de notre destination : Schoorl.  À notre grande surprise, nous avons trouvé nos repères assez facilement dans le système cycliste de la province.  Les cyclistes avaient leur place partout (hormis sur les autoroutes) et la signalisation était omniprésente!  Nous avons rejoint les milliers de cyclistes de tous âges qui utilisaient ce mode de transport pour leurs déplacements quotidiens.  Avec nos vélos aux guidons recourbés, nous nous sommes détachés rapidement du lot. De plus, nos casques nous rendaient uniques. Personne d’autre n’en portait. Personne sauf les autres cyclotouristes que nous avons croisés.

Nous nous sommes découvert un nouveau passe-temps : dénombrer les moulins à vent que nous croisions sur la route (ils sont légion aux Pays-Bas !). Notre première journée terminée, nous avons monté notre tente et nous sommes partis randonner dans le magnifique parc de dunes de Schoorl. Les paysages contrastaient avec les routes « très plates » qui caractérisent l’ensemble de la Hollande. Un plat tellement plat qu’il se situe parfois sous le niveau de la mer !

IMG_7573Dès la deuxième journée, nous avons emprunté la voie LF1, qui traverse la province du nord au sud.  Nous voulions atteindre Le Helder, au nord de la province, avant de faire la boucle pour revenir à Schoorl, le jour même.

Le paysage agraire était tout simplement magnifique.  Il faut dire que les pluies fréquentes qui balaient le pays enrichissent la luxuriance des verts et des cultures que l’on trouve partout entre les toits de chaume. Ce vert omniprésent est d’ailleurs caractéristique du nord de la Hollande.

Alors que nous progressions vers le nord (vers Den Helder), le vent qui venait de l’océan soufflait si fort que nous n’avions que peu d’effort à déployer pour avancer. La sagesse nous a conseillé de garder nos forces pour le retour vers le sud.

Au terme des kilomètres parcourus pendant la journée, nous nous sommes reposés au camping. Bien entretenus, ils offrent en général tous les services nécessaires. On a profité de la fin de soirée pour jouer à quelques jeux de société.

Conseil : D’ailleurs, mieux vaut choisir un jeu compact et fait de composantes durables pour qu’il survive aux impondérables du voyage en vélo.

IMG_7769Les troisième et quatrième jours, nous sommes descendus vers Rotterdam. Comme le vent venait régulièrement de l’océan, nous avons adapté notre trajet en nous rapprochant des terres, pour nous mettre à l’abri d’un vent de face. Nous avons pu passer par La Haye et contempler les manoirs qui servent aujourd’hui d’ambassades. Nous avons traversé de multiples canaux ; des vestiges du temps où les embarcations étaient les reines du transport. Nous avons appris, à notre grande surprise, que bon nombre de moulins ne servaient pas qu’à moudre le grain, mais aussi à irriguer les cultures, grâce à la force éolienne. Le bon entretien des terrains semble être une source de grande fierté pour les habitants puisque de magnifiques fleurs jalonnaient les parcours cyclistes.

La cinquième journée sonnait déjà le glas de ce périple. En partant de Rotterdam, nous nous sommes dirigés vers les iconiques moulins de Kinderdijk. Notre décompte de moulins a d’ailleurs augmenté drastiquement après cette visite.

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Un peu plus loin, notre trajet nous a menés à Gouda (prononcé « Hrouda »).  Grand amateur de fromages, je n’étais pas spécialement attiré par ce que je connaissais du Gouda, jusqu’à ce que je me rende dans les fromageries de la ville et que je goûte à toutes les variétés de fromage. Elles en valaient vraiment le détour!

Nous avons peu utilisé nos outils d’orientation, mais l’application pour téléphones intelligents Ulmon/ City-Maps-2-Go nous a été fort utile. Elle nous a permis de télécharger les cartes des régions à visiter, sans recourir à une connexion Internet.

À la fin de la cinquième journée, nous avons nettoyé et démonté nos vélos. Il restait trois jours à notre périple et ils étaient réservés au travail et au tourisme. Nous voulions visiter Amsterdam et ses musées (dont l’incontournable Reijksmuseum), ses microbrasseries et ses canaux. Nous étions déjà loin du calme trouvé sur nos vélos, mais cette partie du voyage terminait bien notre aventure. Sans compter que le confort de l’hôtel nous permettait de reposer nos jambes.

Finalement, notre décompte de moulins s’est arrêté à soixante-dix-sept avec le moulin qui ornait la toiture de la brasserie Brouwerij‘t IJ. (Un lieu à visiter en fin d’après-midi le vendredi. Mais attention! ça ferme à vingt heures!)

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