Le retour avec un grand « R »

Que ce soit sur un autre continent ou en Amérique, à pied, en vélo, en voilier ou au volant d’un VR, partir en voyage c’est comme tomber en amour. Vous vous abandonnez dans les bras de l’aventure et tout ce qui importe c’est le moment présent. Toutefois, ces idylles sont souvent éphémères et la rupture, le retour de voyage, peut être très difficile à vivre pour certaines personnes. Réadaptation au train-train quotidien pour les uns, choc culturel inversé pour les autres, le blues du retour est une réalité qui guette tous les voyageurs. Comment vous en protéger ou atténuer son ampleur? Voici quelques pistes de solutions proposées par La Cordée.

 

Qu’est-ce que le blues du voyageur

QuestionConnaître le phénomène est un excellent atout pour mieux s’y prémunir. Tout d’abord, sachez que le choc du retour n’atteint pas tous les voyageurs. Après une à deux semaines de vacances dans le sud, vous risquez de vous ennuyer de la plage au retour, mais sans plus. Toutefois, ceux qui voyagent plus longtemps, par exemple, une traversée des Amériques en vélo, un trekking de plusieurs mois dans un sommet légendaire du monde, des voyages humanitaires, pourraient être plus affectés par la différence de leur vie à la maison comparée à celle en voyage. Il faut s’attendre à la nostalgie du retour et parfois la frustration d’un entourage qui n’a pas vécu la même expérience que vous. Soyez alerte et prévenu; le choc du retour existe bel et bien.

Mieux vaut prévenir que guérir

CalendarAvant de partir à l’aventure, pensez déjà au retour. Bien entendu, ce n’est pas la première chose à laquelle on veut penser, mais revenir dans sa vie quotidienne ce n’est pas aussi facile qu’il y paraît, facilitez-vous la tâche. Avant de partir, faites un petit ménage de printemps dans la maison et laissez votre bureau au travail en ordre. Il n’y a rien de plus éreintant que de revenir d’un magnifique périple et de se retrouver dans un désordre.

Aussi, lorsque vous prévoyez le retour, offrez-vous quelques journées de congé pour prendre le temps de bien arriver. Prenez le temps de vous remettre du décalage horaire, mais également du décalage de vie. Et dans la mesure du possible, prévoyez votre retour lors de la saison chaude. Revenir alors que l’hiver s’installe, pourrait en rajouter à votre blues du retour,

« L’aventure n’est pas un endroit, mais un moment »[i]

Une personne qui part six mois avec son sac à dos peut facilement oublier que son séjour constitue une vie exceptionnelle, que ses rencontres et ses moments uniques vécus à l’étranger, cette vie intense, ce n’est pas normal, que ça fait partie du voyage. Si la vie semble morne au retour, plus normale, changez la donne en vous tenant actif. Lorsque vous êtes à l’étranger, vous êtes en mode découverte, vous bougez beaucoup. Continuez à votre retour. Le sport et les activités permettront un retour plus harmonieux. Redécouvrez le Québec avec un œil plus touristique. Après tout, si vous vous sentez étranger dans votre propre ville, c’est le temps de redécouvrir avec vos nouveaux yeux votre petit bout de pays. Prévoyez-vous de petites escapades. Soyez patient avec vous-même, le blues du retour est normal et passager.

Gare à l’isolation

VoyageIl est facile lors d’un voyage outre-mer de s’abandonner à nos nouvelles rencontres. C’est tout à fait légitime de profiter de l’instant présent, toutefois, gardez un certain lien avec ceux et celles qui vous attendent à la maison. Prendre des nouvelles, vous permet de garder le contact avec la réalité. Au retour, organisez-vous des fins de semaine de camping, de randonnée pédestre, de vélo avec vos amis et votre famille. Ne vous isolez pas seul à la maison en maugréant sur chaque petite différence avec cette vie que vous aviez lors de votre périple, elle n’était pas la vie de tous les jours. Essayez de garder un lien avec les gens rencontrés lors de votre voyage, les correspondances facilitent les retours.

Place aux souvenirs et à l’avenir

Montage-voyageBien que l’idée de vous replonger dans vos photos puisse sembler triste, il ne faut pas trop attendre avant de le faire. Prenez le temps de classer ces images et de les imprimer. En reconstituant l’histoire de votre voyage et ses moments forts, vous pourrez mieux digérer votre retour. Ça permet de se dire : « voilà, je l’ai vécu, mais c’est fini. » Une aventure se termine, mais d’autres vous attendent.

Ce qui vous mène au prochain point : planifier. Pourquoi ne pas faire une liste de différentes possibilités d’aventures qui pourraient vous intéresser à l’avenir. N’arrêtez pas votre choix, prenez simplement le temps de constater que bien qu’une porte se ferme d’autres s’ouvrent à vous.

Il faut accepter le choc comme une période de transition et de réflexion qui vous mènera vers d’autres belles aventures. Cultivez vos souvenirs tout en commençant à préparer les suivants.

Partager et écrire

JournalQuand votre entourage n’en pourra plus d’entendre parler de vos péripéties à l’étranger, ne leur en tenez pas rigueur. C’est tout à fait normal qu’ils ne partagent pas pleinement votre expérience. Vous pouvez toutefois assouvir votre besoin, tout à fait naturel, d’échanger sur vos aventures avec des gens qui s’y intéresseront, comme des étrangers en séjours au Québec ou sur des forums de voyage.

Plusieurs voyageurs ont l’habitude de rédiger un journal de bord durant leur périple à l’étranger. Toutefois, dès leur retour, le journal prend le bord. Pourtant, c’est une excellente idée de continuer à écrire ses pensées au retour, après tout, l’aventure se poursuit!

 

En bref :

  • • Prévoyez le choc du retour pour en réduire les effets néfastes.
  • • Pensez à des projets pour l’avenir.
  • • Redécouvrez votre région comme le ferait un touriste.
  • • Définissez-vous autrement que par votre voyage, vous êtes bien plus que « l’ami qui revient d’Afrique » par exemple.

 

[i]Citation de Marcel Bernier, psychologue depuis près de 15 ans au Centre d’orientation et de consultation psychologique de l’Université de Laval.

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