Les défis de l’Afrique du Sud

C’est au son des criquets africains que Lydiane autour du monde nous raconte quelques bribes de son fabuleux voyage en Afrique du Sud. Un voyage mémorable à bien des égards. Une aventure qui ne ressemble à rien de ce qu’elle a vécu jusqu’à maintenant.

« J’ai voyagé seule au Moyen-Orient, mais je ne voyagerais jamais seule en Afrique du Sud. Je ne me sentirais pas en sécurité. » La globe-trotter professionnelle raconte que les tensions entre les différents groupes ethniques sont encore palpables, presque vingt ans après la fin de l’apartheid.  «À Johannesburg, certaines rues sont surveillées 24 heures sur 24. On ne doit pas sortir de ces zones protégées, au risque d’être attaqué, aux dires des locaux. »

Or, partir pour l’Afrique du Sud, c’est aussi se plonger dans un bain culturel riche, avoir la chance d’admirer des paysages à couper le souffle et côtoyer des animaux exotiques au quotidien. Bref, visiter ce coin de pays, c’est absolument dépaysant aux dires de notre ambassadrice voyage. « Ça me fait vivre des émotions en montagne russe! »

Avant de partir vers une nouvelle destination, Lydiane se renseigne toujours sur les us et coutumes de son pays hôte. Quand elle et son copain ont consulté le site du gouvernement du Canada (voyage.gc.ca), ils ont trouvé que les recommandations liées à l’Afrique du Sud étaient un peu alarmistes. « Mais tout ce qui y est écrit est vrai! »

La vie urbaine

À Johannesburg, Lydiane découvre toutes les règles non écrites qui régissent la ville. Les différents groupes ethniques cohabitent, mais le mariage est très hétérogène. Les habitants sont sympathiques, fiers de leur langue, de leur danse, de leur culture. (Une culture lente dans laquelle il faut faire preuve de beaucoup de patience.) En général, ils sont joviaux et acceptent facilement de tisser des liens avec les touristes blancs. Lydiane en a profité pour mieux comprendre les enjeux raciaux des différents clans. Au fil des discussions, elle sent que les jeunes générations ont envie de se sortir des vieilles discordes ethniques. Mais le passé trouble de toute une génération ne s’efface pas en si peu de temps. Malgré les efforts mis sur pieds par les gouvernements pour réduire les inégalités raciales, les tensions sont palpables entre les différents groupes ethniques.

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Par exemple, « en tant que blancs, les locaux ne nous recommandaient vraiment pas de prendre les transports en commun, surtout pendant les heures de pointe. » Certains moyens de transport public pouvaient leur être accessibles, mais ils étaient parfois risqués et réservés officieusement aux noirs. Pour éviter de se mettre en danger, Lydiane et son copain ont suivi les conseils des locaux et ont loué une voiture pour se déplacer de manière sécuritaire.

La nature

La richesse et la beauté de la nature de l’Afrique du Sud sont indescriptibles. Pour les explorations exotiques dans la nature, mieux vaut faire affaire avec un guide, selon Lydiane. Les randonnées guidées sont nombreuses et magnifiques, et les défis proposés sont très diversifiés. Comme la faune et la flore sont très différentes de celles que l’on rencontre en Amérique du Nord, il est parfois difficile d’anticiper ce qui peut être dangereux.

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Par exemple, Lydiane raconte que la roche qui compose certaines montagnes conduit très bien le courant électrique, de telle sorte qu’il faut, à tout prix, éviter les orages lorsqu’on se trouve sur ces formations rocheuses. Ce genre d’information précise, généralement méconnue des touristes, est cruciale si on souhaite profiter de la nature sans mettre sa vie en péril.

Et le camping? Lydiane croit que les animaux sauvages (hyènes, lions, hippopotames et éléphants) ainsi que les gens mal intentionnés rendent cette activité difficile à pratiquer dans ce coin de pays. Selon elle, mieux vaut se tourner vers les auberges qui offrent un toit accessible et, surtout, un espace sécuritaire.

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La montagne 

Après avoir voyagé avec son copain pendant quelques semaines, Lydiane s’est jointe à un groupe de jeunes voyageurs pour découvrir le pays de manière sécuritaire et écoresponsable. S’inscrire à un voyage de groupe était une première pour elle, mais c’était surtout une façon de poursuivre son voyage l’esprit tranquille : « J’ai choisi ce groupe parce que je voulais être bien encadrée, mais avoir une certaine liberté. »

Un beau matin, le groupe est donc parti faire le sentier Amphitheater dans le parc national du Drakensberg. « C’est la plus belle randonnée que j’ai faite de toute ma vie! » 

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Partis dans le brouillard le plus total, ils ont grimpé doucement la montagne en longeant une falaise. À côté d’eux : le vide. « C’est une randonnée intermédiaire, super bien entretenue, jamais monotone, mais pas recommandée pour les gens qui ont le vertige. » En effet, le fossé qui les accompagnait tout au long de l’ascension mesurait entre 400 m et 1 km de profondeur. De quoi donner des fourmis dans les jambes à bien des randonneurs. « Mais nous, comme on était dans le brouillard, on ne voyait rien de tout ça ».

Les sections de randonnée se sont succédé en entraînant avec elles, différents défis techniques : de lents zigzags, une portion rocheuse escarpée de 250 m (à grimper comme en escalade), etc. Arrivée au point culminant de la randonnée, le Amphitheater, Lydiane a eu le souffle coupé par le paysage. « J’ai trouvé que ça ressemblait un peu au Machu Picchu. Peut-être à cause du brouillard qui se levait doucement sur les montagnes. »

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Après une courte pause, qui leur a permis d’admirer le paysage sud-africain, le groupe s’est engagé dans une descente où se sont enchaînés un plat aride et venteux, deux tronçons d’échelles verticales qui donnent le vertige et, comme le brouillard s’était levé, une descente vertigineuse à côté d’un ravin quasi infini. « J’ai pris plus de temps à descendre qu’à monter. J’en avais les larmes aux yeux tellement que c’était beau. »

Se vêtir

Bien qu’il y ait quatre saisons en Afrique du Sud, le climat est imprévisible et, c’est connu, l’écart entre les températures est grand. « Quand tu pars faire de la rando dans ce pays, il faut être prêt à tout. Autant pour la chaleur que pour le froid. » Avant de partir, Lydiane s’est demandé si elle devait apporter son petit manteau de duvet. « J’ai bien fait de l’apporter! C’est froid le matin, ici. Je l’ai porté souvent finalement. » Surtout que le chauffage est plutôt rare et peu efficace dans la région…

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Puis, comme le soleil est ultrafort au sommet des montagnes, peu importe la saison, il faut donc se protéger la tête et la peau pour éviter les coups de soleil.

L’Afrique du Sud, en rafale

  • Un lit dans un dortoir coûte entre 15 et 20 dollars (une nuitée de luxe peut atteindre 40 dollars).
  • Un repas au resto est en moyen entre 30 et 40 pour cent moins cher qu’au Québec.
  • Un cours de surf d’une heure coûte autour de 5 dollars.
  • Le prix pour un grand safari est autour de 80 dollars.
  • Louer une voiture revient à 30 dollars par jour.
  • Les amateurs de techno doivent composer avec une connexion Internet pas toujours fiable.
  • La population se nourrit beaucoup de BBQ et de salade. (Miam!)
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