Les pneus cloutés pour mieux pratiquer le vélo d’hiver

Chaque automne, une poignée de cyclistes endurcis commencent le processus de transformation de leurs vélos, afin de le rendre mieux équipé pour rouler l’hiver, et ce, sur des chemins enneigés et glacés. Selon le Huffington Post, 11 % des cyclistes montréalais roulent l’hiver. C’est très peu, lorsque l’on imagine les milliers de vélos qui fourmillent un peu partout dans la métropole, par temps plus tempéré. Est-ce l’intolérance du froid ou plutôt l’inquiétude d’obtenir un niveau de sécurité adéquat qui décourage les autres 89 % ?

Montréal et l’engagement du déneigement de ses pistes cyclables

En 2008, la Ville de Montréal avait promis de déneiger 45 km de pistes cyclables. Si l’intention était bonne, l’exécution l’était beaucoup moins. Puis en 2014, c’est alors la promesse de déneiger 260 km du réseau blanc. Au final, le résultat était bien loin de la promesse initiale.

Bien honnêtement, un cycliste à Montréal avec la volonté et le cran pour composer avec les aléas de la pratique du vélo d’hiver a mieux à faire que de se préoccuper des promesses de la Ville en ce qui concerne le déneigement de son réseau qui comprend 650 kilomètres de pistes. Le cycliste d’hiver est trop souvent à la merci des conditions de la chaussée. Si le déneigement de certains tronçons de pistes cyclable se font d’une façon un peu aléatoire mais constante, le déglaçage de ces mêmes pistes est malheureusement beaucoup moins fréquent et c’est justement la glace qui pose le plus grand problème.

Un outil indispensable qui ne fait pas de compromis

Lorsqu’on roule l’hiver à Montréal, à vélo, on s’aperçoit immédiatement que la majorité des cyclistes ne sont pas équipés avec des pneus cloutés. Un pneu conventionnel n’est pas du tout équipé pour être capable d’offrir une accroche adéquate sur la glace. Bien qu’un pneu de vélo de montagne ou de cyclocross peut offrir une accroche intéressante dans la neige, sa performance dégrade dès l’arrivée de la glace et il décrochera tôt ou tard – garantie. Miser sur une paire de pneus de cyclocross pour une utilisation hivernale dans une métropole comme celle de Montréal c’est jouer avec le feu. Pourquoi ? Parce que malgré les meilleures intentions de la Ville en ce qui concerne le déneigement de son réseau, il n’y a aucun moyen de garantir l’élimination de la glace. Si les conditions météorologiques sont favorables, la glace se reformera à nouveau, et comme une araignée sur sa toile, la glace attend sa prochaine victime.

Choisir de rouler avec des pneus cloutés, c’est un peu prendre le taureau par les cornes et garder la maîtrise de la situation. Si le cycliste qui roule sans pneus cloutés doit se fier aux prévisions météo et à la qualité des pistes cyclables et des chemins, le cycliste équipé avec des pneus cloutés s’en moque puisque la qualité de l’accroche et le comportement du vélo sur la glace sont nettement supérieurs à ceux d’un vélo démuni de clous, en comparaison. Grâce aux clous, il est possible de rouler tout l’hiver sur des pistes complètement glacées, sans chuter. Vous n’avez pas besoin d’être champion du vélo pour profiter des avantages marquants des pneus cloutés – tous les cyclistes peuvent en profiter, néophytes comme experts.pneus

On profite d’une nouvelle confiance en soi et en son matériel et n’oublions pas la tranquillité d’esprit. Tomber sur la glace ? On n’y pense plus. On roule en paix, en toute sécurité, sur une foule de cochonneries dans la rue sous forme de neige croutée et de plaques de glace et le vélo reste stable et prévisible. Il s’agit d’un investissement d’une valeur indiscutable qui récompensera son utilisateur de façon exponentielle, au fil des saisons.

La glace noire et ses bobos

Du point de vue d’un cycliste, il existe deux sortes de glaces – celle que l’on voit et celle que ne l’on ne voit pas. Celle que l’on ne voit, c’est la glace noire et justement celle-ci qui est responsable pour la majorité des accidents.

Une chute sur la glace peut se terminer en luxation ou fracture de l’épaule, fracture du bassin, fracture de la clavicule, entorse ou fracture de la cheville, entorse ou fracture du poignet, commotion cérébrale, etc. Les plaques de glace sont parfois visibles et elles peuvent souvent être évitées sans trop de misère, mais ce que l’on appelle la glace noire, on ne la voit pas. Invisible et meurtrière, elle surprend le cycliste et déstabilise le vélo suite à la perte d’accroche de la roue avant, faisant ensuite tomber le vélo et le cycliste.

De nouvelles possibilités

Grâce aux pneus cloutés, la glace noire devient aussi inoffensive qu’un chemin de gravier encadré de lilas fleuris. D’autre part, ces pneus adaptés permettent de rouler d’une façon offensive plutôt que défensive. Toujours rouler avec une approche défensive peut siphonner votre fun et même votre état d’esprit. Revenir sur l’offensive donne davantage de possibilités et de liberté au cycliste, plutôt que d’être limité à des confins qui ne conviennent pas. Des pneus cloutés installés sur un vélo permettent de reprendre le plaisir et de choisir de rouler sur des surfaces instables et glacées avec toute confiance, sans être handicapé par la sensation d’une catastrophe imminente. Traverser une patinoire naturelle à l’improviste dans le parc Lafontaine ? Oui, c’est tout à fait possible et même très amusant !

L’anatomie d’un pneu clouté et ses types

pneus1Un pneu clouté, c’est tout simplement un pneu de vélo munis de clous d’acier. Afin d’obtenir les meilleurs résultats sur la glace, la pression d’air du pneu devrait être réduite au minimum indiqué par le fabricant du pneu. À l’inverse, pour rouler sur la chaussée propre, on augmente la pression du pneu afin d’obtenir un meilleur roulement ainsi qu’une réduction du bruit des clous sur la chaussée. Dans les boutiques La Cordée, vous trouverez le Winter et le Marathon Winter de Schwalbe, et le Xerxes de 45NRTH. Le Winter se sert de 120 clous placés sur deux bandes au centre du pneu pour une excellente accroche lorsque le vélo n’est pas incliné dans un virage. Il convient parfaitement à la roue arrière du vélo ou pour la roue avant tant que le vélo n’est pas incliné dans des virages agressifs. Pour ceux qui n’aiment pas ralentir sur la glace et qui n’aiment pas faire de compromis de performance, c’est le Marathon Winter avec ses 240 clous (deux fois plus de clous que le pneu Winter) qui offre la meilleure accroche. Grâce à ce modèle et sa généreuse dose de clous, on peut freiner sur la glace, incliner le vélo dans un virage à plus grande vitesse, et même monter sur des plaques de glace avec un faible angle d’approche, une manœuvre qui déstabiliserait normalement les roues et qui entraînerait presque certainement une perte de contrôle sur un pneu non clouté. Bien sûr, il existe aussi des pneus cloutés pour le fat bike, mais les caractéristiques de ces derniers seront réservés à un futur blogue. Ouf !

Le coût

On passe à la partie la plus douloureuse du récit. Oui, les pneus cloutés ne sont pas donnés. Un pneu Schwalbe Marathon Winter avec 240 clous vous coûtera 99.99 $, donc il faudra déverser 198.99 $ pour la paire. Par contre, un pneu Schwalbe Winter avec 120 clous vous n’en coûtera que 69.99 $, et un Xerxes de 45NRTH vous en coûtera 149.99 $. Donc, il en existe pour tous les budgets. Et ce n’est pas obligatoire d’avoir une paire identique – on peut aussi dépareiller les pneus. C’est-à-dire, mettre un pneu de 240 clous à l’avant et un pneu de 120 clous à l’arrière afin d’économiser. Certains trouveront l’option hors prix, puisque les pneus cloutés sont seulement utilisés en hiver, mais il ne suffit que d’une seule chute sur la glace pour déchirer et détruire un manteau en Gore-Tex de 300 $ ou 500 $ (ou un pantalon du même genre), et le risque d’une fracture, et les journées de travail manquées, etc. Le choix est clair.

Le choix de l’auteur

L’auteur roule 360 jours par années et il est d’ailleurs un fervent utilisateur de pneus cloutés depuis trois hivers, ayant survécu aux menaces de l’infâme glace noire sans un seul accident. Les pneus utilisés ? Le Schwalbe Marathon Winter à l’avant (240 clous) et un Schwalbe Winter à l’arrière (120 clous). Avant d’avoir adopté les pneus cloutés, il avait droit à des chutes chaque hiver (une à trois par hiver). Son accident le plus catastrophique ? Un magistral plongeon survenu sur une énorme plaque de glace noire un matin d’avril en 2013. Résultat ? La destruction d’un manteau technique de 400 $, un jean déchiré, une épaule et une hanche martelées par la chaussée… et un orgueil démoli.

« Depuis mon achat de pneus cloutés en 2013, je ne tombe plus sur la glace. Jamais. Aucun accident au cours de trois hivers à Montréal à rouler tous les jours – selon moi, il doit s’agir d’un record de quelque sorte, me semble. »

« Je devrais peut-être appeler les bureaux de Guinness… »

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