Suivre les roues de mon père

Vous souvenez-vous de vos premiers coups de pédales sans les petites roues qui vous aidaient à maintenir votre équilibre ? C’était difficile, parfois périlleux, pourtant, une fois l’équilibre trouvé, faire du vélo est devenu aussi naturel que la marche à pied. Maintenant, demandez-vous : qui était derrière vous à vous encourager et à vous relever après une chute? Pour plusieurs employés de La Cordée, la réponse, c’est un papa patient et dévoué. Dans la majorité des cas, le père n’a pas seulement appris à son enfant à pédaler, il lui a également transmis une véritable passion pour le vélo. Au moment où la fête des Pères approche à grands pas, voici une petite chronique remplie de souvenirs et d’amour dans laquelle des enfants devenus grands témoignent de leur relation privilégiée avec leur père et le vélo.

Emilie et le vélo sous toutes ses coutures

« Celui qui m’a initiée au vélo, c’est mon père. D’abord en faisant patiemment semblant de tenir l’extrémité arrière de ma selle pour que je me sente en sécurité de pédaler, vers mes cinq ou six ans. » Un pieux mensonge qui a permis à la petite Emilie de prendre confiance sur sa monture.

L’enseignement de son père ne s’est pas arrêté là. « Chaque année, ensuite, on s’installait ensemble pour faire la Grande Vérification Annuelle de mon précieux vélo, ce qui incluait la traditionnelle hausse de ma tige de selle, la lubrification de la chaîne, l’ajustement de mes vitesses et même, à l’occasion, les retouches de peinture ou la nouvelle couleur intégrale… Quelques grelots sur mes rayons et des rubans au bout de mes poignées complétaient le tout, et j’étais prête à le suivre n’importe où, de la piste cyclable jusqu’aux sentiers de vélo de montagne, où il m’amenait avec lui. »

Lorsqu’elle travaillait dans le département du vélo de La Cordée la jeune femme s’est assurée de vendre une superbe monture à son père ainsi que tout l’équipement nécessaire. Désormais mère de deux adorables petits garçons, elle ajoute : « Maintenant, mon père est devenu le « papi’’ de mes enfants et je perpétue la tradition avec ses petits-fils, qui s’annoncent être de sacrés cyclistes ! Merci papa ! »

Marc-Antoine et les kilomètres de route et de plaisir

Marc-Antoine, passionné de vélo et toujours prêt à vous conseiller sur le sujet au magasin de Laval, ne peut pas dire à quel âge exactement il a donné ses premiers coups de pédale. Une chose est certaine : dès qu’il a su pédaler, c’en était fini du siège pour enfant monté à l’arrière du vélo de son père. Ce dernier, Jacques, affirme que Marc-Antoine a appris à pédaler sans les petites roues vers l’âge de quatre ans et qu’il n’a jamais arrêté depuis ce moment-là.

« Un de mes plus beaux souvenirs, c’est au Lac Saint-Jean, sur la Véloroute des Bleuets. Je devais avoir six ans, mais je me souviens très bien de mes journées à pédaler et à repousser mes limites pour suivre mes parents », explique Marc-Antoine. Son père se souvient également de ce voyage, durant lequel son fils affrontait les grosses montées le sourire aux lèvres et parfois même en chantant.

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Un peu plus tard, quand Marc-Antoine est entré dans l’adolescence, Jacques l’invitait à venir pédaler en vélo de route avec son groupe de cyclistes, composé entièrement d’adultes. Le jeune homme peinait à les suivre au début, mais vers l’âge de 17 ans, l’élève avait dépassé le maître. « Et il nous a tellement nargués cette journée-là ! » précise en riant le papa.

Maintenant âgé de 21 ans, Marc-Antoine avale les kilomètres sur son Madone. Bien qu’il roule avec ses amis, il se réserve toujours du temps et des soirées pour rouler avec son père, moments précieux pour le jeune homme. Il rêve également d’aller pédaler en Europe avec son papa. Les Pyrénées, peut-être… Qu’en pensez-vous, Jacques ?

Catherine et le vélo hybride noir

thomas-cath-velo_2015« Mon père a toujours été mon grand complice en sports. Bébé, je parcourais déjà les kilomètres, bien installée dans le siège pour enfant derrière lui. Enfant, c’est papa qui était derrière moi. Il me mentait allègrement en me disant que “oui, oui”, il tenait mon siège alors qu’en fait, il me laissait filer toute seule sur mon deux-roues. J’ai grandi en le suivant sur les pistes cyclables de la Rive-Sud, de Montréal et du Petit Train du Nord. Nous avons souvent participé aux 50 km du Tour de l’Île.

Au secondaire, j’en ai eu assez de mon hybride. J’ai piqué le vélo de route de mon père, un vieux CCM bleu. C’est d’ailleurs avec ce vélo, que j’avais adopté bien que trop grand pour moi, que je suis partie en appartement. Je laissais alors définitivement derrière moi mon hybride de jeunesse, un Peugeot noir. J’ai ensuite eu une collection de vélos de route de seconde main. Mon père les dénichait dans des ventes-débarras et les retapait pour moi, pour le plaisir de me les offrir. Aujourd’hui, je travaille à La Cordée. C’est aux techniciens de l’atelier que je confie mon vélo, un hybride sur lequel j’ai installé… un siège de bébé.

Mon père roule toujours et même, plus que jamais. Il vient enfin de se racheter un vélo de route neuf, tout en carbone, pour profiter pleinement de sa retraite. Mon père et moi avons d’ailleurs souligné ce nouveau départ en participant au 100 km du Tour de l’Île dimanche dernier. Et vous savez quoi ? Mon vieux vélo hybride noir, eh bien ! mon père l’a gardé et l’utilise encore. Il y attache son Husky pour rouler avec son chien, lorsque la bête est assez en forme pour suivre le maître. »

Gabriel et la patience de son père

Gabriel habite à Montréal et fait tous ses déplacements à vélo. Depuis que son père lui a appris à rouler, il a toujours eu un ou des vélos dans sa vie. « La patience de mon père est l’une de ses qualités que j’aime le plus », note Gabriel en se remémorant son premier gros voyage de cyclotourisme sur le Petit Train du Nord. Même quand tout allait mal, son père ne perdait pas patience et gardait le sourire. « Il faisait d’une mésaventure un moment magique. Au final, je ne garde que de bons souvenirs de mes voyages de vélo avec lui. »

Pour Gabriel, les moments passés avec son père sont précieux. « C’est une belle façon de se retrouver », précise-t-il. Il avoue ne pas ressentir le besoin de faire de gros voyages en cyclotourisme, sauf quand il s’agit de partir à l’aventure avec son papa. Leur dernier grand voyage date d’il y a quatre ans, mais tout porte à croire que ce n’était pas le denier…

Ann-Andrée et le vélo-dentifrice

« C’est drôle parce qu’un de mes plus lointains souvenirs d’enfance, toutes catégories confondues, concerne le vélo. C’est quand mon père me promenait dans le siège de bébé derrière son vélo.

On se rendait au parc qui se trouvait au bas du village (au bout d’une pente plutôt pentue). Lorsqu’on remontait les côtes abruptes pour revenir à la maison, je me souviens que j’essayais d’aider mon père

À grimper en balançant mon corps vers l’avant. En y repensant aujourd’hui, je doute fortement que cela aidait réellement!

Ensuite, dès que j’ai pu conduire mon propre vélo, nous avons continué nos promenades quotidiennes. Après le souper,  on allait encore au parc ou à la rivière… Puis, au fur et à mesure que je grandissais, nos sorties vélo s’éloignaient du quartier. Nous allions dans le Vieux-Port de Québec, aux chutes Montmorency et à l’Isle-aux-Coudres. Nous amenions les vélos lors des vacances à la plage pour nous promener sur le sable à marée basse ou sous les pins du Maine.

J’adorais le vélo de mon père : un Norco bleu avec de petits cristaux blancs. Un peu comme le dentifrice Crest que nous avions à la maison ! Il me l’a légué quand j’ai commencé à faire tous mes déplacements à vélo. » Ann-Andrée voyage toujours à vélo.

 

Merci à tous les papas qui ont transmis leur passion du vélo à leurs enfants. Profitez de la journée pour aller pédaler avec celui qui vous a donné votre première poussée ! Bonne fête des Pères !

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