Rouler avec La Cordée

 

Le Club Cycliste La Cordée (CCLC) en est maintenant à sa troisième saison d’existence. Au menu : sorties de grimpe sur le mont Royal, belles randonnées aux parcours allongés le dimanche, activités de perfectionnement sur le circuit Gilles-Villeneuve, contre-la-montre amicaux… À défaut d’avoir « plusieurs cordes à son arc », on peut dire que le club possède plusieurs rayons à ses roues pour satisfaire les mordus de cyclisme sur route et les aider à progresser tout au long de la saison.

logoCCLC-41Deux fois par semaine, on invite les membres du CCLC à rouler en peloton sous l’œil attentif de l’entraîneur et en étant encadrés par les guides-accompagnateurs. La distance et le niveau de difficulté des trajets augmentent au cours de l’été. Une employée de La Cordée de Montréal, Marie-Pier Côté-Chartrand, s’est jointe à cette formation de cyclistes récemment pour la toute première fois. Dans la chronique qui suit, elle détaille son expérience.

La peur du peloton

Pourquoi n’ai-je pas roulé plus tôt avec le club cycliste ? C’est une question que je me suis posée à maintes reprises. Pourtant, la réponse était toute simple : j’avais peur.

Pour vous donner une idée de ma pratique du vélo, je m’y adonne sérieusement depuis quatre ans seulement. C’est surtout après être arrivée à Montréal et avoir décidé de vendre ma voiture que j’ai commencé à vraiment pédaler, alternative au transport en commun. Bref, depuis mon emménagement en ville, je me déplace à vélo partout, toute l’année, si possible.

Se transporter sur deux roues est ensuite devenu une véritable passion. Toutefois, je roulais plutôt seule ou avec ma grande sœur et non en groupe. J’avais endurci mes jambes en grimpant la Camélien-Houde et je m’étais un peu aventurée sur le circuit Gilles-Villeneuve. Mais encore une fois, je faisais cavalier seul, ou presque, car jamais plus de deux ou trois amis ne m’accompagnaient. Dans le sens de « peloton », j’étais loin du compte !

Si j’étais curieuse d’expérimenter la dynamique d’un groupe, j’étais toutefois tétanisée à l’idée de causer la chute d’un pair en fonçant dans sa roue ou, tout simplement, de ne pas être capable de suivre. Entrer dans la roue d’un autre cycliste peut être intimidant les premières fois. Aussi, ces craintes ont fait en sorte que je repoussais continuellement le moment où je participerais enfin aux activités du club. Néanmoins, puisque je suis orgueilleuse et terriblement curieuse, je me devais essayer de rouler en peloton malgré la peur.

Il y a aussi eu mes collègues, qui m’incitaient à les joindre, et certains clients membres du club cycliste, qui m’en vantaient avec grand enthousiasme les sorties. Je ne les remercierai jamais assez de m’avoir poussée à faire face à mes angoisses en roulant avec eux.

Se mouiller pour une première fois

J’ai décidé de me joindre au CCLC le dimanche 26 juillet pour une sortie dans le décor enchanteur et champêtre de Farnham. Le matin de l’activité, en me rendant au point de rendez-vous pour le covoiturage, je l’avoue, j’étais toujours « un peu craintive » (c’est-à-dire complètement effrayée) à l’idée de rouler avec plusieurs autres cyclistes. De plus, je jonglais encore entre participer au parcours de 60 km, distance raisonnable pour une première fois en groupe, ou à celui du 90 km, distance que je couvre régulièrement mais en solo.

Avec des papillons dans le ventre, je suis donc montée à bord du véhicule de ma collègue, guide pour le club cycliste de La Cordée : Dominique Payette. En plus d’être un pair formidable, cette dernière est une excellente cycliste. C’est ma mentore, et je l’adore. Une autre personne partageait la route Montréal-Farhnam avec nous : Pierre Lemay, l’entraîneur en chef.

En voiture, Pierre nous a parlé de sa sortie de la veille avec des copains italiens : 80 km à une vitesse moyenne de 40 km/h. Déjà, en l’ayant aperçu sur son vélo un peu plus tôt, j’avais été très intimidée par ses mollets musclés. Du coup, l’adéquation entre son physique et l’anecdote de vélo m’a fait penser : « Si c’est lui l’entraîneur, ça va rouler vite. Vais-je pouvoir les suivre ? » Heureusement, en l’écoutant discourir sur les règles du peloton et son expérience au sein du groupe cycliste La Cordée, j’ai vite été rassurée. La nervosité a donc cédé sa place à l’emballement. Toute trace d’appréhension avait alors disparu.

Le ciel était couvert et les rues, détrempées à neuf heures du matin. Malgré un temps gris, plusieurs membres se sont présentés pour participer à la sortie. Deux groupes se sont formés : un pour le trajet court (60 km) et un autre pour le long (90 km). Au tout dernier moment, juste avant le départ, j’ai décidé de me joindre à celui de la plus longue distance, sachant qu’un 60 km me laisserait sûrement sur ma faim. En outre, puisque j’avais rencontré l’entraîneur et les autres cyclistes, je ne voulais désormais plus qu’une chose : en profiter au maximum et le plus longtemps possible.

Dès les premiers coups de pédales, j’ai senti les papillons dans mon ventre battre frénétiquement des ailes comme pour s’envoler; la nervosité se transformait en bonheur véritable. Je sautais enfin sur l’occasion « de me mouiller », ce qui s’avérait littéralement le cas vu les conditions de la chaussée. Or, je me suis effectivement mouillée pour une première fois.

Un 90 km de pur plaisir

J’ai tout de suite eu la confirmation que j’étais à ma place, et ce, malgré l’inconfort de l’eau qui m’aspergeait continuellement le visage. Faire partie d’un peloton sous la pluie, c’est enivrant et… très rafraichissant !

Les membres du club m’ont accueillie à bras ouverts et ne m’ont jamais fait me sentir mal de ne pas suivre la cadence dans les petites montées. Même que, au contraire, on venait toujours me chercher quand le groupe s’éloignait et je me retrouvais loin derrière. « Ne t’en fais pas, Marie-Pier, ça va bien. Tiens ton rythme. Nous allons nous ajuster », me répétaient gentiment Steven, Robert, Yves et Bernard. Ce dernier roulait souvent devant moi et me ramenait jusqu’au peloton. Tout au long de la randonnée, j’ai même eu droit aux judicieux conseils de l’entraîneur, ce qui m’a aidée à m’ajuster et à bien gérer mon énergie.

Si, en temps normal, j’adore faire de longues distances en solo avec ma fidèle monture, je dois par contre avouer avoir encore plus aimé rouler avec le club. L’effet d’aspiration ressenti lorsqu’on entre dans la roue de l’autre est génial; la facilité à écraser encore davantage sans se fatiguer est étonnante; le partage de la route avec des voitures et l’apparition d’un chien qui vient japper tout près du peloton procurent beaucoup d’adrénaline… Et ce ne sont quelques raisons pour lesquelles j’ai hâte à une prochaine sortie avec le Club Cycliste La Cordée.

Pour ma première fois, j’ai eu droit à de la pluie, du soleil, quelques framboises, des rencontres formidables et un bon lunch après l’effort. Une fois dans le feu de l’action, il ne me restait par ailleurs plus aucune trace de peur. Bien entendu, j’aurais aimé livrer de meilleures performances. Par exemple, j’aurais préféré rester au sein de la formation durant les montées. Cela dit, rouler en groupe demande un certain entraînement; c’est une habileté qui se développe. Comme c’est le cas dans plusieurs disciplines, il ne faut pas viser la perfection à nos débuts. Maintenant que je le comprends, mes craintes se sont estompées et mon orgueil a reçu une leçon de modestie.

En parlant avec mes coéquipiers, je me suis rendu compte que je n’étais pas la seule à avoir eu quelques appréhensions avant d’expérimenter le cyclisme en peloton. Mais qu’importe le doute, il tombe rapidement en osant.

Au final, je retiens que personne ne m’a jugée. C’était vraiment une superbe expérience; un véritable bonheur de partager ma passion avec d’autres adeptes de vélo. J’ai eu un coup de foudre pour les sorties avec le club cycliste de La Cordée.

 

Vivement la prochaine fois !

Marie-Pier, alias « Cycliste épanouie »

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