Déception néo-zélandaise

J’aspire en général à apprécier les choses qui m’arrivent.

Ma plus grande déception à ce jour ? L’échec de dernière minute, en 2012, de notre projet Russie à vélo. Malgré deux années de préparation et une rencontre avec l’ambassadeur de Russie au Canada, notre demande de visas pour un an avait été refusée. Pendant 48 h, j’étais extrêmement déçu (et le mot était faible). « Alors, on part où maintenant ? » m’avait demandé ma blonde, Vanessa. Elle m’avait alors proposé un plan B, B comme Brésil. Dix jours plus tard, nous étions dans un avion, avec nos vélos, en direction du cinquième pays en importance au monde en terme de superficie. Notre périple sur deux roues a duré un an, pendant lequel nous avons parcouru 9000 km. Cette aventure a été l’occasion rêvée de réaliser mon premier documentaire, qui fera même l’objet d’une tournée québécoise en 2017 avec le diffuseur Les Grands Explorateurs (un immense honneur pour moi)! Comme quoi une grande déception peut se transformer en un magnifique cadeau! Mais revenons au pays des Kiwis…

Alors, comment ai-je pu être déçu par la Nouvelle-Zélande? Est-ce possible? La réponse est oui, mais pas exactement pour les raisons que vous pensez…

Sur le sentier des volcans au parc national de Tongariro

Avec le mont Ruapehu, qui s’élève à 2797 m, le mont Tongariro est le plus haut sommet de l’île du Nord. Il faut savoir que le parc national de Tongariro est le plus vieux parc national au pays (il existe depuis 1894). Aussi grand que le parc national de la Gaspésie, Tongariro couvre une superficie de près de 800 km2. Il fait partie des trois seuls sites classés au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en Nouvelle-Zélande. Il n’obtient rien de moins qu’une double reconnaissance ; culturelle, pour son histoire et ses traditions maories; et naturelle, pour ses paysages spectaculaires.

Le mont Tongariro, qui est en fait un volcan, offre l’une des plus belles courtes randonnées au monde. Ce n’est quand même pas tous les jours que l’on peut marcher sur un plateau lunaire avec des volcans actifs comme décor! Sa dernière éruption date de 2012. Un témoin raconte qu’assis juste à côté du volcan, il a vu l’éruption à la fois effrayante et spectaculaire. Il compare cet événement à l’explosion d’une bombe atomique à cause du bruit sourd et de la cendre projetée à tous vents. Cette journée-là, 50 personnes ont dû être évacuées (sans blessures). L’éruption, considérée comme minor eruptive activity, a été classée niveau 2 sur une échelle de 8.

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Alors, comment ai-je pu être déçu de faire l’excursion du Tongariro Alpine Crossing en une journée en parcourant 19 kilomètres et environ 1000 m de dénivelé positif? La réponse est simple.  Quand je marche, que je prends des photos et que je réalise des vidéos, j’aime me sentir en harmonie avec la nature qui m’entoure. Seul l’instant présent compte. Je guette le mouvement des nuages ou celui des fleurs, j’observe la danse de la fumée qui s’échappe des sources d’eau chaude ou encore la beauté des lacs émeraude et des prairies alpines.

Sauf que le samedi 26 mars, nous n’étions pas seulement 50 personnes à faire l’excursion du Tongariro Alpine Crossing, mais bien 2000 !!! J’ai compris qu’avec Noël, Pâques était le pire moment pour marcher ici. J’étais au mauvais endroit au mauvais moment avec, en plus, une météo, disons, grise et pluvieuse. Résultat? J’ai fait une randonnée incroyable, mais je suis vraiment déçu de ne pas avoir pu en profiter autant que je l’aurais voulu. Un randonneur déçu a d’ailleurs laissé un commentaire sur cette randonnée sur Trip Advisor : « It is very popular and can be very very busy, overwhelmingly so – it can be difficult to walk at your own pace and find a quite spot to rest and enjoy the scenery. We walked it on Easter Saturday and the crowds were very intense ». J’en conclus que, pour éviter les mauvaises surprises, je devrai toujours vérifier le calendrier des jours fériés quand je visite un pays.

Pour vous donner une idée de l’affluence à Tongariro à Pâques, voici une courte vidéo d’un passage un peu délicat et glissant :

Te Araroa et les 9 « Great Walks »

Donc, à part à Noël et à Pâques, la Nouvelle-Zélande semble être le paradis du tramping. Vous savez, ce genre de périple fait à pied avec un sac à dos pesant et volumineux? Ici, c’est possible d’user vos chaussures sur des milliers de kilomètres.

Si le cœur vous en dit et que vous êtes en forme, vous pouvez même parcourir le fameux sentier de 3000 km de Te Araroa. Soyez prêt à l’aventure par contre! Surtout si je crois ce qu’en disent deux baroudeurs français croisés au camping de Whakapapa : « Le chemin est misérable parfois, 500 m en une heure! » À moins qu’ils ne se soient perdus… mais ça, l’histoire ne le dit pas.

Vous pouvez aussi choisir de faire l’une des neuf grandes excursions du pays. La plus courte, la Routeburn Track, est composée de 32 km de sentiers au cœur de l’île du Sud et relie les deux principaux parcs nationaux. La plus longue, de 82 km, la Heaphy Track, présente, quant à elle, une diversité de paysages incroyables avec des sections tropicales, des tronçons montagneux et des segments sur le bord de plages. Elle offre littéralement de quatre à six jours de bonheur ! La plus populaire, également située sur l’île du Sud, est la Milford Track, là où les vallées ont été sculptées par les glaciers et où la chute Sutherland fascine les visiteurs du haut de ses 580 m.

Je dois vous avouer que c’est quand même une déception pour moi de ne pas pouvoir explorer davantage la Nouvelle-Zélande à pied. C’est comme avoir un dessert au chocolat devant soi sans avoir le droit de le manger… mais il me faut être réaliste. En tant que papa, photographe et vidéaste qui voyage avec un petit homme de deux ans et une femme enceinte de cinq mois, je ne vois pas trop comment je pourrais faire pour gravir ces beautés naturelles et imposantes en famille pendant plusieurs jours. Mon vélo de 100 kg demeure certainement mon meilleur moyen de transport.

Ce qui est merveilleux en Nouvelle-Zélande, c’est qu’il y en a pour tous les goûts! La preuve c’est que dès demain, nous nous embarquons sur deux roues pour 82 km sur la Hauraki Rail Trail, l’une des pistes les plus faciles du pays, avec comme décor la magnifique gorge de Karangahake.

Le saviez-vous ? 

Le parc national de Tongariro fait partie des lieux mythiques qui ont servis de décor pour la trilogie du Seigneur des anneaux.

Liens utiles :

Information sur la randonnée Tongariro Crossing Alpine (FR)

Les neufs « Great Walks » en bref

Pour réserver l’une des neuf grandes randonnées

Pour consulter la météo dans le parc national Tongariro

3000 km de marche en Nouvelle-Zélande

 

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Bertrand Lemeunier

Photographe et vidéaste chez Terra Tributa
Terra Tributa est née de la rencontre du photographe, auteur et vidéaste Bertrand Lemeunier et de Vanessa Richard, éco-conseillère et biologiste. Leur engagement est de rendre hommage à la Terre, aux femmes, aux hommes et de témoigner des changements positifs liés aux enjeux régionaux et mondiaux. L’expédition 2015-2016 rend hommage à la Nouvelle-Zélande à travers les quatre missions de Terra Tributa : explorer, rêver, informer et partager.
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