Gravel bike en Estrie, une sortie entre collègues

Occasionnellement, à La Cordée, on sort les vélos en gang. Cette fois-ci, on nous a proposé une sortie amicale de gravel bike en Estrie. Les intéressés et les participants, c’est huit gars (et malheureusement, zéro fille… on veut vous voir la prochaine fois!) des boutiques de la rue Sainte-Catherine et du boulevard Saint-Laurent qui partent à l’aventure.

On ne vous le cachera pas, on est tous des tripeux de vélo.

Équipés de nos gravel bikes, vélos de cyclocross et même d’un vélo de route, on s’est donné rendez-vous au Centre national de cyclisme de Bromont à neuf heures tapantes.

En bons geeks de vélo on regarde nos montures, puis on active nos GPS, on regarde la carte (parce que rien ne bat le bon vieux papier) puis c’est un départ vers l’ouest. On choisit le parcours de 100 kilomètres des 100 à B7, une course amicale annuelle sur les routes de gravelle de l’Estrie où Line Bessette, championne cycliste canadienne, s’entraîne.

Le ciel est gris et la pluie se fait sentir ce matin-là sur la route. C’est une journée un peu à l’image de l’été qui ne semblait jamais vouloir s’installer pour de bon. En sortant de la voiture, le ciel semble s’éclaircir et on se dit que quelques gouttes de pluie ne vont quand même pas nous arrêter. De toute façon, même s’il fait quinze degrés, nos manches longues et toutes ces montées vont nous tenir au chaud.

Puisqu’il faut bien se rendre sur les chemins de gravier, on se réchauffe en avalant les quelques premiers kilomètres sur le bitume.

Dès les premiers tours de pédales dans les chemins de terre, on commence déjà à se salir abondamment. Et on en est bien contents. Toute cette boue sur nos jambes et dans notre visage, ce sera la preuve de tous les efforts qu’on aura accomplis.

Déjà, les montées s’annoncent ardues et les descentes… glissantes. Au bout d’une route qui se termine en T, j’ai bien failli y passer. Mains dans le bas du guidon, index et majeurs fermement serrés sur les freins, l’eau et la boue ont raison de la fiabilité des freins à disque de mon vélo. Le manque de puissance m’oblige à serrer un peu plus fort les freins… et la roue arrière commence à glisser, je relâche mon frein arrière, puis mon frein avant me ralentit juste assez pour que je reprenne le contrôle. « Belle glissade contrôlée dans la descente, Gab! » me dit Quentin. « Je pense que je vais ralentir. C’était un peu trop près de la chute à mon goût », que je lui réponds.

Le groupe reprend ses esprits suite à cette première descente, puis on poursuit notre route vers la zone complètement hors route de notre journée. Après une montée dans un long chemin de gravier peu entretenu, on arrive à la fin de la route.

Vers la gauche se dessine un chemin emprunté très occasionnellement par un tracteur. La pluie étant au rendez-vous depuis quelques semaines, on se retrouve devant un chemin complètement boueux, où une étroite bande de gazon est bordée par les traces de roues du véhicule.

Il nous faudra tantôt emprunter l’une des rigoles faites par le tracteur, tantôt la bande de gazon. Au travers de la longue végétation de ce champ, il est plutôt difficile de garder la bonne vitesse pour avancer, mais aussi de garder une bonne traction. C’est vraiment une question de positionnement de son poids sur le vélo si on veut éviter de mettre le pied au sol, ou directement dans une flaque de boue.

Une chute ou deux sans blessure plus tard, on sort de ce champ et de la forêt pour reprendre la route.

Après une heure de vélo, on a tout juste fait quatorze kilomètres… Ce n’est pas exactement rapide. À ce rythme, on reviendra à la noirceur, donc on se dit qu’on devrait augmenter le tempo un peu, question d’arriver au bout de notre journée.

Route de gravier en plein champ, puis chemin à travers la montagne, sous le couvert de la forêt, on roule, et on roule. Et puis c’est le bris. La roue arrière du vélo de Pat s’arrête net. Le dérailleur arrière entre dans la roue, se coince entre les rayons et les tord un peu.

Après observation, le dérailleur est brisé, impossible de le réinstaller. Pour Pat, la solution qui s’impose est de réduire la longueur de la chaîne et de mettre le vélo en single speed.

En sortie de groupe comme ça, on a souvent accès à quelques petits outils de poche. Malgré qu’ils soient pratiques dans de telles situations, ils ne rivalisent pas avec les outils d’atelier auxquels on s’habitue trop vite. Pat travaille fort pour remonter sa chaîne, puis on reprend la route.

Sans vitesses, la route se révèle un peu trop difficile à poursuivre pour Pat. Au croisement suivant, il nous annonce qu’il va suivre la route jusqu’à Bromont, où il nous attendra pour la fin de la journée, question de boire une bière en gang.

On décide de poursuivre, mais par solidarité, on fait le choix d’un itinéraire plus court. On fera alors 75 kilomètres plutôt que les 100 prévus à l’origine.

On reprend la route, mais vu le changement d’itinéraire, on emprunte la mauvaise route, dans la mauvaise direction. Rapidement, on s’en rend compte et on sort la carte, parce que oui, quelquefois, la bonne vieille carte est plus utile que nos GPS pour vélo sans Wi-Fi.

De retour sur nos pas, on finit par emprunter une route passante en direction de Cowansville. Nos GPS reprennent enfin l’itinéraire et on est capable de poursuivre sur des chemins de gravier beaucoup plus tranquille. Montées, descentes, paysages magnifiques au milieu de l’Estrie, nouvelles montées et encore des descentes. On s’enfonce dans les Appalaches et on a bien l’impression de monter plus que ce qu’on descend. La bonne nouvelle, c’est, qu’ultimement, tout ce qui monte redescend.

Un peu à l’est des monts Sutton, on arrive à notre soixantième kilomètre et ce qui deviendra le point le plus élevé de notre journée à environ 440 mètres d’altitude. On commence à être tous crevés, pour certains d’entre nous c’est une première longue sortie de l’année, et laissez-moi vous dire que sur ces chemins de terre et de gravier, les kilomètres sont beaucoup plus longs qu’en vélo de route. Les montées sont plus franches, les vélos sont plus lourds, on traîne plus de matériel, bref, on se fatigue plus vite.

Moment caucus au sommet du Chemin Benoit et on décide de retourner directement à Bromont. Ça commence à faire longtemps que Pat nous attend au stationnement. Ça nous donne une bonne excuse, non?

 

Au bout du chemin, on croise le Chemin du Mont-Écho. En l’empruntant sur toute sa longueur, on finira par longer le lac Brome, et il ne nous restera que quelques kilomètres à parcourir pour un retour à Bromont.

Après quelques montées plutôt costaudes, mais sur le bitume, on descend près de 200 mètres d’un coup avant d’arriver à Knowlton. Descente rapide, et routes asphaltées nous donnent l’avantage et on avale un peu moins de vingt kilomètres en une vingtaine ou une trentaine de minutes.

En longeant le lac Brome, on profite du vent qui nous rafraîchit, puis on emprunte le Chemin de Fulford qui deviendra le boulevard de Bromont. On voit enfin le bout et on arrive un peu avant 17 heures au centre national de cyclisme de Bromont. On fait prendre une douche à nos vélos, et on en profite pour se rincer aussi.

Après 90 kilomètres, près de 1400 mètres de dénivelé, et quelques pépins mécaniques, on est enfin arrivés. Rendez-vous à la microbrasserie locale, où on mange et on rit de notre journée.

C’est certain, on remet ça.

 

 

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