Gravir le Kilimanjaro : la force du nombre

Tout juste de retour de la Tanzanie, après un voyage de trois semaines, dominées par l’ascension du mythique Kilimanjaro, Lydiane nous raconte son voyage. Ce voyage en triptyque divisé entre la montagne, la savane et l’océan l’a fasciné. Le point fort de son voyage? Le groupe qui l’accompagnait.

Par Lydiane St-Onge

On était dix à l’arrivée en Tanzanie, cinq gars et cinq filles. La plupart d’entre nous n’en étaient d’ailleurs pas à notre premier voyage. Je dis la plupart, parce qu’une des participantes n’avait même jamais fait de camping. Pour elle, l’ascension du Kilimanjaro a vraiment été l’aventure d’une vie.

Alors que notre voyage commençait à peine, et qu’on apprenait tout juste à se connaître, les dix membres du groupe avaient tout intérêt à se rapprocher rapidement et à s’offrir toute l’aide et l’entraide dont on allait avoir besoin pour arriver à bout de notre objectif.

Rapidement, l’entraide s’est installée. Fréquemment, tous prenaient le pouls de l’ensemble du groupe, littéralement et figurativement. Mains dans le dos pour donner un peu d’énergie à une personne en difficulté et tournées des tentes pour vérifier que chacun allait bien. Malgré qu’on soit tous arrivés au sommet, chacun et chacune d’entre nous a eu un moment difficile à traverser.

Dès le deuxième jour, vomissement et maux de tête s’installent chez plusieurs d’entre nous. Même certaines des personnes les plus en forme en sont victime, preuve que le mal de l’altitude n’a aucun lien avec la forme physique d’une personne.

Mon moment difficile, ç’a été la dernière journée d’ascension. Jusqu’au jour précédent, je croyais quasiment m’en être sorti sans symptômes importants liés au mal de l’altitude. Aussitôt franchi la barre des 5000 mètres d’altitude, cependant, je suis frappé par l’un des plus gros, pour ne pas dire le plus gros, mal de tête de ma vie.

Dans l’ascension finale, on avait divisé le groupe en deux, les plus lents et les plus rapides. J’étais restée dans le groupe plus lent, mon moral étant à son plus bas et mon corps endolori par l’altitude. Toute la journée, une chose m’a donné la force de continuer jusqu’au sommet : le groupe. Sans ces neuf autres personnes, j’aurais simplement abandonné. À force de sourire, de mots d’encouragement et de solidarité, le groupe a maintenu mon moral assez fort pour me permettre de traverser ce moment difficile.

À l’arrivée de la dernière étape avant le sommet, Stella Point, le groupe le plus rapide nous attendait avec des chants et des messages d’encouragement pour notre petit groupe qui traînait de la patte derrière eux. Émotions fortes, pleurs à chaudes larmes et tournée de câlins entre nous tous étaient alors de mise.

À moins d’une centaine de mètres d’altitude du sommet, c’est vraiment en une famille que notre groupe s’était transformé.

Après avoir atteint le sommet, à 5895 mètres d’altitude, c’est déjà le temps de redescendre. Après avoir fait l’ascension de près de 1200 mètres le matin, on les redescend en ajoutant 1800 mètres de dénivelé négatif à notre descente.

Le jour suivant, on arrive à notre point de départ. C’est l’heure du safari dans le parc national du Serengeti.

Le même groupe de 10 personnes continu le voyage en Tanzanie, cette fois-ci pour un safari de quatre jours en plein cœur de la savane africaine.

Après une ascension mémorable, c’est à un safari extraordinaire auquel on aura droit.

On aura la chance de rencontrer le big five, les cinq mammifères remarquables d’Ernest Hemingway dans son roman Les neiges du Kilimanjaro dans ce parc. Le lion d’Afrique, le léopard d’Afrique, l’éléphant d’Afrique, le rhinocéros noir et le buffle d’Afrique sont au menu.

Pendant notre safari, on dormira dans des tentes au beau milieu du parc, directement entourées de cette nature sauvage… et des dangers qu’elle comporte. Les règles de sécurité étaient très sévères. Durant la nuit, il nous est interdit de nous rendre à la toilette, qui est en retrait de notre campement. Le jour, lorsqu’il est temps de manger, c’est dans des cages que nous mangeons. Dans ce parc, c’est bien nous, les humains, qui sont en visite, et non l’inverse.

Comme cerise sur le sundae, notre groupe, à l’exception de deux personnes, se rend à Zanzibar, cette île au large de la Tanzanie, au beau milieu de l’océan Indien. On profitera alors de la plage et des décors paradisiaques et enchanteurs de l’île, puis on s’offrira une fête en famille pour conclure notre magnifique voyage.

Lors de notre dernière soirée, on fête fort la réussite de notre défi, l’alcool coule à flots et le bonheur est contagieux. On aura d’ailleurs tellement de plaisir qu’on terminera cette soirée au petit matin à danser et à chanter sur les plages de Zanzibar.

Ce voyage de groupe, pour lequel j’avais de toute évidence un préjugé négatif, moi qui ai l’habitude des voyages solo, m’a donné l’envie de recommencer une telle aventure. Le voyage, bien qu’une expérience personnelle, se partage tellement bien, même avec des personnes qu’on connaît à peine. Au bout de la ligne, ce sont de nouvelles rencontres et de nouvelles amitiés que j’ai développées dans ce voyage aussi épuisant qu’extraordinaire.

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Lydiane a, en 2013, quitté maison et boulot pour arpenter la planète et aller au bout de ses rêves. Aventureuse, énergique et créative, elle s’est donné comme mission de découvrir le monde, un sac au dos. Nomade née, Lydiane a un penchant pour la plongée, le yoga et la randonnée, et elle se lance avec enthousiasme dans de nouvelles expériences de plein air. Après avoir foulé le sol de six continents, Lydiane demeure insatiable et poursuit sa découverte du monde, qu’elle partage avec, entre autres, sa grande communauté virtuelle. Ses dadas? Faire de la photo, de la cuisine végane et de petites crèmes maison à base de produits naturels.
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