Innovation et plaisir de skier : une entrevue avec le fondeur Alex Harvey

Les bottes S-Lab Carbon skate de Salomon sont enfin arrivées! La Cordée vous en a parlé à maintes reprises, mais cette fois-ci c’est officiel, elles sont dans nos  présentoirs et n’attendent plus qu’une chose, vous impressionner. Curieux de nature? Vous devez venir les prendre dans vos mains pour constater à quel point elles sont légères. Pour les chanceux à qui les pointures offertes font, prenez le temps de glisser vos pieds à l’intérieur, le confort de ces bottes vous surprendra.

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Alex Harvey

Pour souligner l’arrivée de ces chaussures, mais surtout parce que La Cordée voulait vous offrir un petit cadeau avant le temps des fêtes, voici une entrevue de ski de fond avec un champion d’ici : Alex Harvey. Au moment de l’entrevue, le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges s’entraînait en Suède, tout juste avant d’entamer le début de sa saison en Coupe du Monde à Ruka en Finlande où, par ailleurs, il a obtenu le septième rang. C’est un bon début!

L’esprit compétitif

– Question d’assouvir quelque peu les accros des compétitions, quels sont tes objectifs pour cette saison post-olympique ?

Mon objectif principal est le Championnat du monde en février à Falun en Suède où je vise un podium. De plus, je veux demeurer constant sur le circuit de la Coupe du Monde.

– Est-ce qu’on pourra te voir en action au Québec lors de la saison 2014-2015?

Je n’ai aucune compétition au Québec cet hiver! Mais il y aura des Coupes du Monde en mars 2016 à Gatineau, Montréal et Québec. 

Les  destinations coups de cœur d’Alex

Le Québec regorge d’endroits merveilleux où aller skier. La Cordée a récemment demandé à ses employés de dévoiler leurs sentiers préférés. L’exercice est le même pour Alex.

– Si tu pouvais t’évader deux jours dans les forêts québécoises, où irais-tu et pourquoi?

Ma piste favorite est la 23 au Mont-Sainte-Anne, autant en compétition que pour l’entraînement! Il y a vraiment beaucoup de dénivelés, des descentes assez techniques et des virages rapides. Le niveau de difficulté y est élevé et on est pas mal dans le bois et tantôt à flanc de vallée. Au loin, tu peux apercevoir la rivière Jean-Larose et le paysage. Le centre compte 180 km[1] de pistes de ski de fond, je crois. Donc la fin de semaine tu arrives, il y a deux stationnements, ils sont bien remplis, mais tu vas peut-être croiser quatre personnes seulement une fois dans les sentiers tellement il y a de kilomètres et de parcours possibles.

– Dans le même ordre d’idée, mais cette fois-ci dans le monde, quel centre de ski est à visiter au moins une fois dans la vie d’un passionné de ski et pourquoi?

Seiser Alm (Alpe di Suisi) dans les Dolomites italiennes est le plus bel endroit où j’ai skié! Les Dolomites italiennes, c’est en fait un plateau à 2000 m d’altitude. Les falaises sont très à pic, alors tu vois vraiment les massifs rocheux, on dirait quasiment que tu peux les toucher tellement ils sont près. C’est impressionnant. Toujours ensoleillé, on dirait que les conditions sont toujours parfaites pour skier.

– Justement, en parlant de conditions parfaites. Quelle est ta neige de rêve pour skier?

Une neige récemment transformée, un peu granuleuse. C’est ce qu’il y a de plus rapide! On la retrouve beaucoup en Europe centrale, Italie, France et en Suisse.

– Par pure curiosité, quelles sont les pires conditions dans lesquelles tu as skié?

À Oberhof en Allemagne, c’est un gros centre de ski, ils ont des Coupes du Monde chaque année. L’équipe allemande est basée là. Même qu’ils ont un tunnel de ski donc ils peuvent skier là tout l’été. Mais l’hiver, quand on est là, c’est toujours vers la fin de janvier et il y a toujours du brouillard. On ne voit rien du tout et ce n’est jamais des belles conditions. Comme l’année passée, il n’y avait pas de neige, alors ils ont sorti la neige du tunnel pour faire une piste de 1,5 km et l’échauffement se faisait dans le tunnel. Ce n’était vraiment pas des belles conditions, autant météo que pour la neige.

Alex et Salomon

Entre les belles pistes et les capacités physiques du fondeur, l’équipement a aussi son rôle à jouer pour maximiser les performances de l’athlète.

– Quel avantage tires-tu de ton partenariat avec Salomon ?

Équipement à la fine pointe de la technologie et même un peu en avance sur les autres compagnies de chaussures de ski de fond, service très personnalisé et en français!

– Participes-tu au développement de nouveaux produits comme les chaussures S-Lab Carbon skate?

Oui, j’ai commencé à tester les nouvelles chaussures Carbon skate en février 2012, et elles viennent de sortir cet automne. Je suis à l’essai de  nouvelles chaussures carbones classiques depuis les Jeux Olympiques de Sotchi. 

– Que recherches-tu d’une bonne paire de bottes?

Il faut que les bottes soient confortables à la base, car tu passes plusieurs heures dans tes bottes. Aussi, la stabilité permet de prolonger la glisse, relaxer le muscle, donc ne pas se battre pour rester en équilibre à chaque poussée. Pour la légèreté, au niveau de la performance c’est sûr, à chaque pas tu lèves le ski, nécessairement la botte, au dessus du sol, donc si tu peux sauver quelques grammes tu vas pouvoir sauver un peu d’énergie à chaque poussée.

– As-tu des commentaires sur les nouvelles bottes S-Lab Carbon skate?

Les nouvelles chaussures Carbon skate sont  splendides. Très légères et stables, ce qui surprend peut-être le plus c’est à quel point elles  sont confortables. J’ai reçu la version actuelle la veille du Tour de Ski en décembre dernier et le lendemain, je gagnais la première étape! 

En rafale

Ceinture de taille Swix Drink Belt
Ceinture de taille Swix Drink Belt

– Complète la phrase suivante : je ne pars jamais skier sans…?

Mon fanny pack[2]. Mes amis qui ne font pas beaucoup de ski de fond disent que c’est comme un fanny pack, mais en fait  c’est une ceinture de taille avec une bouteille d’eau isolée. Je l’utilise autant l’été, lors des entraînements en ski à roulettes, en course à pied pour rester hydraté. L’hiver, tu peux même mettre un peu de fartage supplémentaire dedans s’il y a des ajustements à faire en chemin. Ceux qui ne font pas de ski fond  disent juste c’est mon fanny pack, ils trouvent que ça fait grand-mère un peu.

– Combien de paires de skis possèdes-tu?

Au moins une cinquantaine à mon nom en tout temps dans le camion de fartage, mais il y  a une très grande rotation, une dizaine de paires arrivent, on les teste et dix autres repartent et ainsi de suite.

– Ta plus vieille paire de skis de compétition date de quelle année?

J’ai cinq à six paires qui datent des années 1999, leur pochette de fartage est incroyable!

– Classique ou pas de patin?

Les deux! 50/50.

– Ski de fond le matin ou le soir?

Je m’entraîne autant le matin que le soir, mais le gros de l’entraînement c’est le matin.

– Des conseils pour les débutants en ski de fond?

C’est sûr, il faut être persévérant, ça prend plusieurs heures de pratique avant d’être confortable sur ses skis. Mon conseil c’est probablement que si les gens ont des amis, des connaissances qui font du ski, il faut essayer de  prendre une leçon avec eux. Sinon, il faut se trouver un instructeur. Juste prendre une heure avec quelqu’un qui s’y connait  peut aider à améliorer assez rapidement sa technique. Une fois que la technique est maîtrisée, on peut vraiment apprécier le sport.

Mot de la fin

– Le Québec semble avoir un bel avenir en termes de fondeur. Qu’en penses-tu?

On a eu des épreuves de Coupe du Monde, il y a deux ans au centre-ville à Québec, et il va y en avoir d’autres en 2016. Je pense que ça amène le sport directement dans la cour du monde, chez les gens. D’avoir les meilleurs au monde qui courent au centre-ville, ça motive et ça inspire.

Quand on parle ski de fond au Québec, le nom Harvey n’est jamais bien loin, et ce, avec raison. Les exploits du père, Pierre Harvey, raniment, dans les années 80, l’engouement pour le sport. Alex reprend le flambeau de son père et l’amène à un tout autre niveau. Il devient rapidement un ambassadeur du ski de fond au Québec et à l’étranger. Il fait briller la discipline par ses performances et son charisme. C’est grâce à des athlètes comme lui que le ski de fond se popularise autant. Il est un modèle pour la jeunesse et pour l’ensemble des fondeurs. Merci Alex et bonne saison 2014-2015.


[1] Alex n’était pas loin, le centre du Mont-Sainte-Anne compte en fait 200 km de sentiers en classique et 191 km en patin.
[2] Le « fanny pack » est un terme anglais souvent utilisé  pour désigner les sacs de taille.
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