Chargez votre équipement électronique durant un long voyage à vélo

Dans notre monde moderne, l’équipement électronique est presque aussi important que notre vélo lors d’un voyage de cyclotourisme. On l’utilise pour se diriger ou pour prendre des photos et les affubler de hashtags. Voici comment vous assurer de ne jamais vous retrouver avec un téléphone ou une à caméra à plat.

par Jonathan B. Roy

Parce que je suis gentil, je vais même vous donner tout de suite la conclusion rapide de ce dont vous avez besoin si vous faites un long voyage de vélo.

  • Une batterie externe, si vous avez un accès fréquent à des prises électriques.
  • Une dynamo, si vous vous dirigez vers le milieu de nulle part pour plusieurs jours.
  • Un panneau solaire, si vous pensez avoir de grandes périodes sans trop bouger ou si vous roulez sur une belle route à découvert et pas trop cahoteuse.

La dynamo

Pour mon voyage à vélo autour du monde, j’ai personnellement choisi la dynamo. Je savais que je me retrouverais au milieu du désert pour plus d’une semaine et au sommet des montagnes de l’Asie centrale. Avec un téléphone qui meurt en moins d’une journée et des batteries de caméra qui s’épuisent rapidement quand je prends des photos de la Voie lactée, j’avais certainement besoin de plus d’une batterie externe.

L’avantage de la dynamo était clair. Et puis, tant qu’à pédaler toute la journée, pourquoi ne pas utiliser l’énergie que je génère?

Quelques compagnies font des dynamos modernes, ultra-efficaces et durables. (J’approche les 25 000 km avec la mienne, sans qu’elle ne démontre aucun signe de fatigue. Je peux accumuler l’énergie de quelques recharges de téléphone en une journée de pédalage.) Et la plupart du temps, la résistance que je ressens quand je pédale est plus petite que l’équivalent de quelques livres de pression en moins dans mes pneus. Autant dire qu’elle est imperceptible.[1]

En pratique, mon moyeu avant est remplacé par une dynamo qui contient des aimants, qui créent un courant électrique. Ce courant passe ensuite dans un fil qui longe la fourche, et qui poursuit sa course à l’intérieur du tube de direction. Là, le bouchon sur le dessus de la potence est remplacé par une prise USB spécialement conçue pour fermer la potence. Avec ce système, il est aussi possible d’alimenter un duo de lumières avant et arrière qui fonctionnent avec le pédalage.

L’inconvénient majeur de ce genre de dispositif, c’est son prix assez élevé. Et à moins d’acheter un nouveau vélo, il faut remonter sa roue avant, ce qui implique qu’il faut acheter de nouveaux rayons.

La dynamo branchée, dans la vraie vie.

Mis à part le prix, il faut savoir qu’il est nécessaire de maintenir une vitesse minimale entre 9 et 12 km/h pour produire un courant électrique. Un point à prendre en compte si vous prévoyez rouler sur un terrain en pente pendant quelques jours.

En conclusion, la dynamo est un bon choix si vous prévoyez aller vous perdre dans les grands espaces assez souvent et pour plusieurs jours.

Panneau solaire

J’ai constaté que les panneaux solaires étaient beaucoup moins populaires que la dynamo chez les cyclistes au long cours. Même que les rares voyageurs rencontrés qui avaient opté pour ce système regrettaient généralement leur choix. Notamment à cause de la lourdeur de l’attirail, de la nécessité d’avoir beaucoup de lumière naturelle pour la recharge (le panneau nécessite un ciel presque sans nuages) et des bris récurrents.

Sans compter qu’il n’est pas évident d’étendre les panneaux sur les bagages et de les maintenir en place quand on roule sur des routes parfois cahoteuses. Le système solaire est pratique pour les marcheurs, mais il l’est moins pour les cyclistes.

Je ne vous suggérerais donc pas d’utiliser un panneau solaire sauf si vous prévoyez l’utiliser également pour d’autres sports ou activités. Ou si vous roulez principalement sur des routes bien pavées, dans le désert de l’Arizona par exemple.

Sans dynamo, je n’aurais jamais eu assez d’énergie pour prendre cette photo du ciel kazakhstan.

Batterie externe

Bien que je pourrais recharger directement mon téléphone à l’aide de ma dynamo, je préfère y brancher une batterie externe, que je peux ensuite utiliser pour faire fonctionner tout mon équipement. Je me sers donc de la batterie combinée à ma dynamo.

J’ai néanmoins remarqué que dans la grande majorité des cas, tout le système de dynamo est un peu inutile lorsque l’on est un peu économe en énergie et qu’on traîne une batterie portative d’une puissance respectable. La batterie, qui se détaille à une fraction du prix de la dynamo, peut généralement recharger plusieurs fois un téléphone. Il suffit de penser à la brancher chaque fois que vous croisez une prise électrique. Ainsi, à moins de camper plusieurs jours de suite hors des sentiers battus, la batterie seule est certainement une bonne option.

Ma lumière arrière permet de me faire voir, même s’il n’y a pas beaucoup de circulation dans les Vosges, en France.

Plus d’information

Pour plus d’information technique, je vous suggère de jeter un coup d’œil à ces liens (en anglais). Bon pédalage!

Et ceux qui souhaitent voir à quoi ressemble mon système de dynamo, je vous invite à regarder ma petite vidéo pas si sérieuse sur le sujet…

Photo en en-tête : Ma lumière éclaire ma route en plein milieu du désert au Kazakhstan.

[1] https://www.cyclingabout.com/dynamo-hub-drag-lab-testing/

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Auteur du populaire livre « Histoires à dormir dehors » (Vélo Québec Éditions), Jonathan B. Roy est aussi photographe, diplômé en génie et en droit, et musicien. Ce touche-à-tout accomplit depuis mars 2016 lentement le tour du monde à vélo, et collectionne sur sa route les rencontres, les aventures et les histoires les plus invraisemblables. Avec plus de 30 pays traversés, il ne manque certainement pas d’inspiration ni de conseils !