Bikepacking : Comment préparer un itinéraire?

« Une aventure à vélo en autonomie, à travers chemins et sentiers, à la découverte de magnifiques paysages et à la rencontre de nouvelles cultures. » Ça pourrait être un essai de définition ou de description de ce qu’est une aventure en bikepacking. Dans cette définition, il y a une recherche de liberté et d’authenticité, un désir de s’éloigner des routes pavées et des environnements urbains pour aller vers les routes secondaires de gravier, les anciennes voies ferrées et les chemins de montagne. Le tout, équipé de manière minimaliste, afin de se concentrer sur l’essentiel : l’aventure.

Par Vincent Lorber, employé de La Cordée Boutique

Entre l’idée de partir dans une telle aventure et le moment du départ, on se questionne toujours : quel itinéraire choisir, où passer, où aller?

Définir une route précise avant de vous retrouver sur le terrain vous permet de profiter pleinement de la nature en plus de contribuer à rendre l’aventure mémorable.

Comment préparer votre itinéraire en bikepacking?

Idée de base

Les possibilités d’aventure à vélo sont infinies, mais elles dépendent souvent de contraintes concrètes liées au quotidien comme la durée des congés accordés par le travail, la météo ou l’accès à un véhicule ou à des transports collectifs.

De combien de temps disposez-vous?

Le temps dont vous disposez est souvent le premier paramètre à prendre en compte pour définir votre itinéraire. Plus vous en avez, plus il vous est possible de vous éloigner de chez vous et d’explorer des régions inconnues, ce qui accroît vos possibilités d’évasion.

Où souhaitez-vous aller?

Le lieu où vous souhaitez rouler est l’un des premiers paramètres à considérer. Y a-t-il une région que vous voulez explorer? Ici, le choix peut être d’explorer une région X ou de rejoindre un point précis. Dans tous les cas, ce sont vos envies et vos goûts qui doivent dicter votre choix.

Quel vélo avez-vous à votre disposition?

Il est important de considérer que certains sentiers de montagne ne sont pas forcément adaptés à toutes les montures. Un gravel bike ne sera pas capable de vous emmener sur tous les chemins de montagne. A contrario, un vélo de montagne à double suspension ne sera pas le plus adapté à un itinéraire composé majoritairement de routes pavées ou en gravier. Votre monture détermine donc quel genre d’aventure il vous sera possible de faire puisque tous les vélos ont leurs avantages et leurs limites.

Quelles sont les conditions météo et celles du terrain?

Inévitablement, les conditions météo et la composition du terrain influencent l’itinéraire. Il est important de considérer qu’au Québec, une partie des sentiers sont couverts de neige jusqu’au début du mois de mai, et qu’ensuite, la saison de la boue commence. Cette période de l’année rend les sentiers moins roulants.

Définir votre itinéraire

Maintenant que vous avez déterminé les paramètres de votre future aventure, il est temps de penser à l’itinéraire précis que vous souhaitez suivre. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe un grand nombre de ressources pour trouver et préparer avec précision un itinéraire.

Le plus simple est souvent d’opter pour une route déjà tracée et testée par d’autres cyclistes. Vous trouverez souvent en même temps des informations pratiques comme les points d’accès, les points de ravitaillements, les zones où le camping est possible, etc.

Ressources pour trouver un itinéraire existant

Bikepacking.com L’un des sites de références regroupe plus de 100 routes sur tous les continents.
Bikepack.ca Regroupe une dizaine d’itinéraires au Canada.
Ridewithgps.com La fonction recherche permet d’explorer toutes les routes des utilisateurs.
Selfsupporteduk.net Des itinéraires au Royaume-Uni.
Vermontbikepackers.org De beaux itinéraires au Vermont.

Si aucun itinéraire existant ne répond à vos attentes, il n’y a pas d’autre choix que de créer votre propre route.

Pour cela, le plus simple est de partir de votre idée de base. Par exemple, je veux faire 24 h en Estrie, trois jours autour de Tremblant, une semaine à Cuba, deux mois en Amérique du Sud, etc. À partir de ce schéma directeur, vous pourrez utiliser les ressources dites traditionnelles, qui incluent les cartes, les guides et les sites internet spécialisés, pour tracer votre chemin.

En ce sens, Google Map et Google Earth sont deux puissants alliés, car ils permettent de visualiser les possibilités et de connecter virtuellement les routes en forêt, les montagnes et les sentiers de randonnée.

Ressources pour définir votre propre itinéraire

Google Map

Open Cycle Map

Permettent d’avoir une vue globale de la route. Leur fonction itinéraire à vélo permet de connecter des sections en milieu urbain.
Google Earth

Google Map Satellite

Très utiles pour identifier la présence de routes ou de sentiers, leur composition ainsi que leur état.
Groupe Facebook spécialisé Plusieurs groupes existent. Ils regroupent de précieuses informations et retours d’expérience.
Mtbproject.com

Trailforks.com

Vtttrack.fr (France)

Regroupent un grand nombre de réseau de vélo de montagne. Parfaits pour connecter des itinéraires.
Gravelmap.com Répertoire des routes de gravier.
Routequad.ca

Fcmq.qc.ca

Carte interactive pour quads et motoneiges. Peuvent être utiles, mais ils s’utilisent avec précaution et en complément d’une vue aérienne.

Conseil : La superposition de cartes, Google Map et Open Cycle Ma/USGS/IGN est souvent un très bon moyen de savoir si une route est fonctionnelle ou non.

Une fois que votre itinéraire est créé, vous avez deux options :

  • Le retranscrire sur une carte et du papier avec des indications claires;
  • Créer une route GPS capable d’être lue par un téléphone intelligent ou un GPS portatif de style Garmin.

Si vous optez pour la version papier, prenez garde de noter de manière très précise certaines intersections. N’hésitez pas à utiliser des points physiques, repérés au préalable avec Google Earth comme des lacs, des rivières, des fils électriques, etc.

Logiciel et GPS

Les GPS de randonnée, ou spécialement dédiés au cyclisme, sont des outils très pratiques pour suivre un itinéraire préconçu et exporté sur l’appareil. Il est établi aujourd’hui qu’un téléphone intelligent, doté de bonnes applications (Maps.me, Gaia, Ride with GPS, MotionX-GPS), rempli tout aussi bien les fonctions de GPS de voyage que les appareils qui y sont dédiés, en autant qu’on pense à apporter une  source d’alimentation externe pour nourrir le téléphone.

Afin de pouvoir profiter d’une version numérique exportable, il vous faut concevoir une route au format .GPX (format lisible par la plupart des applications et GPS modernes.)

Pour ce faire, il existe plusieurs plateformes, logiciels ou sites web dont le fonctionnement est toujours assez similaire. Le principe repose toujours sur le glisser-déposer de points sur une carte, qui vont ensuite se relier pour créer un itinéraire.

Les principaux outils en ligne pour créer un fichier .GPX sont Ride with GPS, Gaia, OpenRunner, Wikiloc ou Komoot. Le logiciel Garmin Base Camp est aussi très utile, car il permet de tracer un itinéraire, puis de l’exporter directement. Son fonctionnement est toutefois moins intuitif que celui des outils en ligne. Toutes les plateformes énumérées ci-haut ont des modules d’aide permettant de se familiariser avec la planification et l’exportation de routes. Enfin, une fois que votre route sera tracée, vous pourrez produire le profil d’élévation qui correspond à votre tracé et ainsi, anticiper le relief et le dénivelé de votre aventure.

Réalité du terrain

Il est temps de passer aux choses sérieuses et d’aller vous confronter à la réalité du terrain.

Il est courant de constater qu’un itinéraire ne correspond pas à ce que l’on avait prévu, et ce, pour plusieurs raisons. Les conditions météo (fortes pluies, neige) peuvent rendre la progression sur certains terrains montagneux impossible, le revêtement du sentier peut-être très différent (grosse roche) de ce qui était prévu, la route peut finalement être une propriété privée ou tout simplement ne plus exister (carte obsolète). Pour toutes ces raisons, il est toujours important d’avoir accès à une carte générale de la zone dans laquelle vous vous trouvez. Ainsi, en cas d’imprévus, vous pourrez continuer votre chemin en improvisant de petits détours.

Une fois revenus de votre aventure, prenez le temps de penser à ce qui a fonctionné et ce qui aurait pu être évité. Et tant qu’à faire, pourquoi ne pas partager votre itinéraire avec la petite communauté de bikepacking?

En résumé, faire un travail de recherche préalable à un périple de bikepacking permet de tracer la colonne vertébrale de votre aventure. Et comme la réalité du terrain est souvent différente de celle anticipée, et que les besoins en ravitaillement forcent parfois à modifier le trajet initial, vous verrez que faire du bikepacking, ça reste une belle façon de rouler vers l’inconnu et de pimenter vos aventures en plein air!

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Vincent Lorber

Employé de La Cordée Boutique, Vincent Lorber retourne dans son pays d’origine pour quelques semaines, histoire d’aller rouler, en solo, sur les quelque 1400 km de route non pavée qui composent la Grande Traversée du Massif central. Le défi de son périple? Avoir les jambes assez solides pour grimper, avec son Salsa, l’impressionnant dénivelé positif de cette route. (Parions que les nuits dans son bivouac seront bienvenues à la fin de la journée.) Son point de départ? Avalon, en Bourgogne. Son arrivée? Agde, les pieds dans la Méditerranée (ou presque). Entre les deux, c’est l’aventure en mode ultraléger!

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