La Colombie : plus que des plages et du café

Par Nicolas Paré

À quoi pensez-vous si je vous parle de la Colombie?

Au café, aux nuits endiablées à danser la salsa, à Pablo Escobar et son cartel de drogue, à la série Narcos, ou tout simplement aux plages et à la farniente?

Vous n’avez pas tort… mais pas complètement raison non plus!

La Colombie a (très) longtemps eu une mauvaise réputation ; un endroit où il valait mieux ne pas mettre les pieds… à moins d’être un espion.

Cette réputation a changé du tout au tout au tournant des années 2000, au point où la Colombie est en train de se faire une place de choix sur la carte mondiale du tourisme.

Et pour cause!

L’exubérante Medellín! Le Peñon de Guatapé! Les superbes villes coloniales de Mompos & Barichara! Les plages parfaites du Parque Tayrona! Une randonnée jusqu’à Ciudad Perdita! Cartagena de Indias, la plus belle ville des Caraïbes! Cali, la capitale de la salsa! Le rafting de San Gil! Salento et la Zona Cafetera! La Catedral de Sal! Les ruines de San Agustin! Le désert de Tatacoa! Leticia, ville cosmopolite au coeur de l’Amazonie! La cité blanche de Popayan! Et j’en passe…

Tous ces endroits valent le détour et sont hyper bien documentés dans la plupart des guides de voyage. Je ne m’attarderais donc pas plus longtemps sur leur sujet.

Je dédie plutôt cet article à deux endroits qui sont peu, ou pas du tout, mentionnés dans les guides de voyage. Ils furent pourtant mes deux endroits préférés en Colombie et font facilement partie de mon Top 10 en Amérique du Sud : le Parque de Los Nevados et la Guajira Peninsula.

Parque Nacional Los Nevados

En espagnol, Nevado signifie « Sommet aux neiges éternelles ».

Il fut un temps pas si lointain où le Parque des Los Nevados comptaient sur quatre Nevados. Il n’en reste aujourd’hui plus que trois (Nevado del Tolima @5215m, le Nevado del Ruiz @5300m et le Nevado El Cisne @5200m), le dernier ayant été déclassé au stade de « Paramillo » (Paramillo del Quindio @5215m).

Tout commence à Salento, village situé en plein coeur de la Zona Cafetera (le Triangle du Café).

Beaucoup font la très belle randonnée d’un jour dans la Valle de Cocora, mais très peu se doutent qu’un parc digne des Hautes Andes du Pérou et de la Bolivie se trouve juste au-dessus de leur tête.

Armé d’un petit sac à dos, comprenant quelques litres d’eau, des collations et des vêtements chauds (nul besoin de sac de couchage, de matelas de sol et de tente), je gagnais la Valle de Cocora.

Après 30 minutes à marcher, je quittais la vallée pour m’engouffrer dans le Parque Los Nevados.

Au final de cinq heures d’ascension, par un sentier abrupt (au mieux) très boueux et passant dans une forêt pluvieuse, je débouchais sur un plateau à plus de 3500 mètres d’altitude. Une contrée où ne poussent que des buissons. Tout au loin se pointait le Nevado de Tolima.

Moins de 40 minutes à marcher dans la plaine et j’atteignais une ferme. Moyennant un coût ridicule, il est possible d’être logé (dortoirs) et nourri (déjeuner, lunch, souper). Nul besoin de réserver.

Le lendemain, quelques options s’offrent à vous :

  • Explorer les environs et revenir dormir à la même ferme. Je vous recommande fortement de vous rendre au sommet du Paramillo del Quindio. Ancien Nevado, l’endroit est aujourd’hui un désert de sable surréel.
  • Réaliser l’ascension d’un des Nevados (si vous avez les crampons/casque/piolet). Le Nevado del Tolima semble tout désigné (une nuit en camping à la base du glacier sera nécessaire).
  • Continuer votre chemin et traverser le parc sur la longueur, en contournant le Nevado del Tolima et en atteignant le village de Ibagué (durée de 3 jours).

En théorie, il faut un guide pour se promener dans le Parque (plusieurs compagnies offrent des services de guide depuis Salento).

En pratique, vous pouvez vous promener à votre guise sans guide et le sentier principal est bien balisé.

Guajira Peninsula

Encore un désert!

La péninsule Guajira est une bande de terre désertique, qui se prolonge dans la mer des Caraïbes, au point le plus au nord du continent sud-américain.

Ayant vécu deux ans au Moyen-Orient, je ne suis vraiment plus impressionné par les déserts. À première vue, un séjour sur la péninsule Guajira ne m’inspirait donc absolument rien.

Depuis Riohacha, j’embarquais dans un 4×4 pour un voyage qui allait finir par me couper le souffle. Un voyage au bout du monde géographiquement, mais surtout culturellement parlant. J’allais même en être quitte pour un choc culturel comme cela ne m’était seulement arrivé en Inde et au Madagascar.

Dès le début du périple, notre conducteur s’arrêtait dans une Tienda (magasin), pour en ressortir les mains pleines de sacs de biscuits. Je n’allais pas tarder à comprendre pourquoi…

La Péninsule Guajira est la terre ancestrale des Guajiras, un peuple de nomade vivant dans une pauvreté extrême, en étant oubliés et ignorés de tous.

La pluie se fait extrêmement rare sur la péninsule, de sorte que rien ou presque ne pousse. Les Guajiras sont donc réduits à mendier…

Le long des multiples pistes de terre, partant dans toutes les directions et transformant la péninsule en un véritable labyrinthe pour les non-initiés, les enfants créent des barrières de fortune avec des bouts de linge. À l’arrivée d’un véhicule,  ils tendent la barrière et ne l’abaisse qu’une fois la « taxe de passage » payée (biscuit ou bouteille d’eau).

Le manège allait se répéter toute la journée jusqu’à notre arrivée à Cabo de la Vela.

Cabo de la Vela était, jusqu’à il y a encore quelques années, un simple village de pêcheurs. La longue plage en croisant de lune est très venteuse, si bien que Cabo est rapidement devenu un paradis pour le kitesurf. Les écoles de kitesurf pullulent le long de la plage.

N’empêche, le village est encore extrêmement rudimentaire si bien que les « auberges » ne proposent pas des lits, mais bien des hamacs.

Dès le lendemain, nous prenions la direction de Punta Gallinas, le point le plus au nord de la péninsule. Une longue journée à traverser une contrée faite de sable semblant s’étendre jusqu’à l’infini nous attendait.

Un séjour sur la Péninsule Guajira est un voyage dans un autre monde. Des paysages de fou, des plages de rêve, beaucoup de chèvres, des clôtures faites en cactus et un choc culturel garanti.

Parque Nacional El Cocuy

Tant qu’à être en Colombie, profitez-en pour visiter le Parque El Cocuy (tapez « El Cocuy Colombie » sur Google et vous serez convaincu).

Le parc a été fermé la totalité de l’année que j’ai passée en Amérique du Sud, mais vient de rouvrir il y a quelques mois.

Truc de pro

La Colombie est un grand pays. Bien que les transports en commun soient efficaces, il peut être long et pénible de voyager d’un endroit à l’autre.

Je recommande donc de vous tourner vers la compagnie aérienne Viva Colombia.

Pour environ 30 à 40 dollars américains le billet (confort non inclus), vous pouvez franchir de grandes distances rapidement et à prix modique.

La Colombie : plus que des plages et du café
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Bleuet du Lac-Saint-Jean et architecte de formation, Nicolas a tout laissé derrière lui en mars 2013 en échange d'un sac à dos et d'un aller simple pour l'Asie. Il a succombé à l’amour du voyage et, depuis ce temps, il a fait le tour de l'Asie, travaillé deux ans au Moyen-Orient et explore de nouvelles contrées depuis avril 2016. Son actif de voyage? Plus de quarante pays visités, de nombreuses grandes randonnées complétées et une foule de sommets atteints.
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