Bulgarie : Randonnée sur le toit des Balkans

« Quand Dieu a donné aux habitants du monde leur terre, il a oublié les Bulgares, et puisqu’il n’y avait plus de terre disponible, il leur a donné un morceau du paradis. »

Dicton bulgare

Que savez-vous de la Bulgarie? Rien ne vous vient à l’esprit? J’aurais été surpris du contraire!

De nos jours, peu de pays du vieux continent n’ont pas encore été frappés par le tourisme de masse. Véritable paradis du plein air, la Bulgarie est probablement le secret le mieux gardé de l’Europe. C’est assez simple, soit que les gens ne connaissent rien à propos de la Bulgarie, soit qu’ils aient des idées préconçues ou erronées.

Si l’expression « beau, bon, pas cher » pouvait s’appliquer à un pays, elle irait comme un gant à la Bulgarie. Un pays au passé glorieux, jeté depuis aux oubliettes de l’Histoire*.

Située à l’extrême sud-est de l’Europe, à la frontière de la Turquie, sur la route des épices (autrefois la principale route pour aller vers l’Asie), la Bulgarie fait partie de la région des Balkans comme tous les pays de l’ex-Yougoslavie (Bosnie-Herzégovine, Macédoine, Serbie, Croatie, Slovénie, Monténégro, Kosovo, Albanie, etc.). Pour les Occidentaux assez vieux pour se rappeler la guerre du Kosovo dans les années 90, aussi appelée la guerre des Balkans, le terme Balkans n’inspire pas trop confiance. Mais rassurez-vous, Balkans fait plutôt référence à la principale chaîne de montagnes de la région, Le Balkan, qui est composée de quelques sommets frôlant les 3000 m.

La chaîne des Balkans

La Bulgarie compte plusieurs parcs nationaux et sommets dignes de mention. Deux d’entre eux doivent absolument se retrouver sur la Bucket List de tout bon explorateur-randonneur.

Le mont Musala (2925 m) et le mont Vihren (2914 m), respectivement la plus haute et la troisième montagne en importance des Balkans. Le mythique mont Olympe en Grèce se glisse en deuxième position.

Les deux montagnes ont une hauteur quasi identique, mais les comparaisons s’arrêtent là. Avec Vihren, vous vous aventurez dans une courte, mais intense randonnée de quelques heures, sur un sentier offrant une forte inclinaison. C’est tout le contraire avec Musala, pour lequel il faut vous préparer à faire une très longue randonnée d’un jour ou deux (avec la possibilité de camper ou de dormir en refuge), sur un sentier varié. Dans les deux cas, le sentier est bien balisé, sans grande difficulté technique, et devrait convenir à tous les randonneurs de niveau intermédiaire.

Mont Vihren

De Bansko, populaire station balnéaire aux allures de village suisse, on rejoint le refuge Vihren, situé à 2000 m d’altitude, après avoir monté une petite route en lacet qui cumule 1 km sur les  14 km à parcourir.

Nous venons de commencer l’ascension quand, en l’espace de seulement quelques minutes, le bleu du ciel fait place à des nuages et à une forte averse de neige. L’idée de rebrousser chemin nous effleure l’esprit. Après tout, la vue est désormais complètement bouchée et notre voiture de location n’est pas chaussée de pneus d’hiver. Si la neige doit persister ou prendre de l’ampleur, nous pourrions avoir de la difficulté à quitter la montagne.

Après avoir pesé le pour et le contre, nous allons de l’avant en nous accrochant à l’idée que le sommet est peut-être au-dessus des nuages. Quitter la montagne serait aussi un problème.

Les deux heures et demie suivantes se résument à suivre un sentier à l’inclinaison de plus en plus importante tout en zigzaguant à travers des champs de pierres.

Une fois au sommet, Dame Nature a décidé de ne pas récompenser nos efforts. Bien que le mont Vihren soit situé au cœur du parc national de Pirin, le joyau naturel de Bulgarie, on ne voit rien à 10 m à la ronde en raison d’un brouillard épais.

La déception est cependant de courte durée. Nous avons à peine entamé la descente que la neige s’arrête et que le ciel s’ouvre à nous, en nous laissant entrevoir des paysages de fou.

Prendre le risque de monter au sommet a finalement valu la peine!

Mont Musala

On se transporte à Borovets, une importante station balnéaire à proximité de Sofia, la capitale de la Bulgarie. Le départ du sentier se trouve tout juste à l’extérieur du village.

Partie 1 – La forêt de givre

Les premières heures de randonnée se passent sur un chemin forestier qui traverse une forêt de pins.

Le matin de notre randonnée, la forêt a des allures de conte de fées. Le mercure est bien au-dessous de zéro, l’endroit est recouvert d’un manteau blanc et enveloppé dans un épais brouillard, les arbres sont glacés et il n’y a aucun bruit ni âme qui vive. Mis à part la vapeur créée par nos respirations, on dirait que l’endroit est figé dans le temps!

Et qui dit sentier forestier ne dit pas nécessairement promenade dans le parc. En effet, l’inclinaison dépasse parfois 45 °.

Partie 2 – Au-dessus des nuages

Une fois les 2100 m d’altitude atteints, nous sommes désormais au-dessus des nuages. Fini le brouillard et la neige. Bienvenue le ciel bleu et les grands espaces.

La forêt disparaît graduellement au profit d’une vallée toute verte, à faible inclinaison, où rien de plus grand qu’un buisson ne pousse. Tout au fond de la vallée se trouve Musala, qui contraste avec les environs et qui pointe vers le ciel comme une pointe de flèche glacée.

Partie 3 – Le toit des Balkans

Au fond de la vallée, au pied du mont Musala, se trouve un hôtel de montagne sur le bord d’un lac glacé.

Dès lors, l’ascension jusqu’au sommet se fait via un sentier rocheux et glacé.

Alors que nous avons eu la tête dans les nuages au sommet de Vihren, le sommet de Musala nous donne l’impression d’être sur le toit du monde (le toit des Balkans pour être exact). Devant nos yeux se trouve une mer de nuages qui s’étend à perte de vue, dans toutes les directions.

Bon à savoir : En été et en hiver, il est possible de prendre un cable car pour se rendre à la mi-hauteur, réduisant le dénivelé de l’ascension sous la barre des 900 m. Au printemps et en automne, la seule option est de se taper les 1600 m de dénivelé séparant Borovets du sommet.

 

*** Bonus de fin de randonnée ***

Sofia, la capitale du pays, vaut assurément une journée de votre temps, mais l’endroit à ne vraiment pas manquer se nomme Veliko Tarnovo.

Je ne comprends pas pourquoi la superbe cité médiévale de Veliko Tarnovo n’est pas connue mondialement? Veliko pourrait rendre vert de jalousie pas mal n’importe quel endroit historique.

D’une part, sa situation géographique est unique; une zone toute en collines, comme des estrades sur lesquelles seraient déposés les bâtiments et où serpentent deux rivières quasi parallèles. De l’autre, la vedette incontestée de Veliko est Tsarevets. Il s’agit de la forteresse où vivait le roi du puissant Empire bulgare au Moyen Âge.

Et comme si ce n’était pas assez, les vieilles rues en pierre sont toutes désignées pour se fouler une cheville. 😉

*Cette situation est en grande partie due au fait que l’âge d’or de la Bulgarie s’est déroulé au début du Moyen Âge, donc il y a très longtemps. Puis, le pays s’est retrouvé du côté des perdants lors des deux grandes guerres, pour ensuite se retrouver derrière le rideau de fer (sous l’emprise de l’URSS) durant 50 ans.

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Bleuet du Lac-Saint-Jean et architecte de formation, Nicolas a tout laissé derrière lui en mars 2013 en échange d'un sac à dos et d'un aller simple pour l'Asie. Il a succombé à l’amour du voyage et, depuis ce temps, il a fait le tour de l'Asie, travaillé deux ans au Moyen-Orient et explore de nouvelles contrées depuis avril 2016. Son actif de voyage? Plus de quarante pays visités, de nombreuses grandes randonnées complétées et une foule de sommets atteints.